BARCELONE, 5 juillet (Le Parisien Matin) – Des brasiers incontrôlés ravagent actuellement de vastes zones forestières à travers le sud de l’Europe, alors qu’une nouvelle vague de chaleur intense fait grimper les températures au-delà de 40°C. Ce phénomène climatique extrême, qui survient après un épisode caniculaire meurtrier en juin, contraint des milliers de résidents à l’évacuation et place les services de secours sous une tension inédite en ce début de mois de juillet.
L’ampleur du désastre atteint désormais plus de 17 000 hectares de terres brûlées, incluant des forêts, des vignobles et des zones protégées, transformant les paysages en véritables zones sinistrées. De l’Espagne à la Grèce, en passant par le Portugal et la France, les autorités s’inquiètent d’une saison des incendies débutant avec un mois d’avance sur le calendrier habituel.
Déploiement massif des pompiers
En France, près de 600 pompiers luttent activement pour contenir un incendie montagneux à Trévillach, près de Perpignan, où plus de 1 000 hectares ont déjà été réduits en cendres, provoquant des évacuations nocturnes précipitées. Charlotte Pignol, une habitante évacuée de 30 ans, témoigne de la violence des événements : « Nous avons commencé à voir de la fumée vers 22h30, puis elle s’est rapprochée. Quelqu’un de la mairie a frappé à notre porte vers 1h00 du matin pour nous dire de partir. »
Un second foyer mobilise 300 soldats du feu dans le département de la Drôme, tandis que les autorités surveillent de près la progression des flammes près des Pyrénées. La menace est telle que la tenue de la troisième étape du Tour de France cycliste, prévue à proximité, a été mise en péril par la proximité immédiate du brasier.
Des bilans lourds en Europe
Le Portugal fait face à une situation particulièrement délicate, bien que les secours annoncent avoir repris le contrôle de 80 % d’un incendie majeur ayant dévasté 13 000 hectares au nord du pays. En Espagne, les équipes luttent contre un feu de 2 200 hectares sur la Costa Brava, dans la zone protégée des Gavarres. La complexité des opérations est exacerbée par la multiplication de points chauds fumants au sein du périmètre incendié.
La Grèce, quant à elle, a été frappée par un incendie spectaculaire près de Thessalonique. Les flammes ont ravagé des installations industrielles, dont une usine de recyclage et un complexe de traitement de pétrole, dégageant un nuage de fumée noire hautement toxique. Les autorités ont dû ordonner aux habitants de calfeutrer leurs habitations pour éviter tout risque d’empoisonnement atmosphérique. D’autres foyers ont également été recensés sur l’île croate de Hvar et à Tale en Albanie.
L’impact du changement climatique
Les scientifiques du groupe World Weather Attribution sont formels : ces poussées successives de chaleur extrême seraient impossibles sans l’effet aggravant du changement climatique d’origine humaine. Le bilan humain du mois de juin reste dans tous les esprits, avec plus de 2 000 décès en excès enregistrés en France, et plus de 1 000 victimes recensées en Espagne et en Belgique.
Les prévisions météorologiques ne laissent que peu de répit, annonçant une progression de cette vague de chaleur vers le nord. Le colonel Eric Belgioino, officier des services d’incendie français, souligne la gravité de la situation :
« Le changement climatique est là, nous vivons les conséquences, et ce n’est que le début du mois de juillet. La saison va être longue pour les soldats du feu. »
Les autorités locales multiplient les alertes à la canicule alors que les routes sont fermées et que des centres d’hébergement d’urgence ont été déployés pour accueillir les populations déplacées. La vigilance reste maximale face à des températures qui devraient stagner entre 3 et 10 degrés au-dessus des moyennes saisonnières dans les jours à venir.


