ANKARA, 7 juillet (Le Parisien Matin) – L’alliance de l’Atlantique Nord a sélectionné l’avion de surveillance suédois Saab GlobalEye au détriment du modèle américain de Boeing pour remplacer sa flotte vieillissante d’avions de détection datant de la guerre froide lors d’un sommet officiel ce mardi 7 juillet 2026. L’organisation internationale a lancé des procédures de sélection provisoire et entame des négociations formelles avec le constructeur Saab pour ce projet d’acquisition estimé à un montant maximal de 4,5 milliards de dollars.
Un renouvellement de flotte majeur
Cette décision marque le remplacement à terme des anciens Boeing E-3 Sentry AWACS, reconnaissables à leurs dômes radars rotatifs. Les planificateurs de l’alliance prévoient d’acquérir jusqu’à dix nouveaux appareils pour remplacer les quatorze avions de la flotte actuelle.
L’agence de presse Reuters avait déjà révélé jeudi dernier que l’alliance s’apprêtait à choisir le système suédois. Selon les déclarations de l’entreprise Saab, chaque avion coûtera entre 400 millions et 450 millions de dollars. Les négociations commerciales détermineront le prix définitif de cette transaction d’envergure. L’appareil sélectionné intègre un système d’alerte avancée installé sur des avions d’affaires de type Bombardier Global 6500. Les livraisons commenceront dès l’année 2030 si les contrats finaux sont signés rapidement.
Des technologies face aux drones
Le secrétaire général de l’organisation, Mark Rutte, a expliqué que la transition vers ces plateformes plus petites permettra de mieux faire face aux nouveaux défis de sécurité. Ces avions sont équipés d’un radar moderne à balayage électronique actif.
Le chef de l’alliance a précisé que ces technologies optimiseront la détection des menaces actuelles, notamment les essaims de drones. Le secrétaire général a résumé la portée de cette modernisation lors d’une intervention publique devant les délégués réunis pour l’événement.
« Cela garantira que nous maintenons la capacité de surveillance et d’alerte précoce de l’OTAN forte et crédible pour les décennies à venir », a déclaré Mark Rutte.
Une coopération transatlantique
Le choix de ce modèle intervient dans un contexte de pressions exercées par le président américain Donald Trump, qui exige que les alliés européens achètent du matériel fabriqué aux États-Unis. Le président américain a régulièrement critiqué les pays européens pour leur dépendance sécuritaire et a menacé de quitter l’alliance.
Pour répondre à ces critiques, Mark Rutte a souligné que le programme GlobalEye possède un caractère véritablement international. Le projet associe des industries européennes et canadiennes avec des contributions industrielles indispensables provenant des États-Unis. Le modèle de Saab était en concurrence directe avec l’E-7 Wedgetail développé par l’avionneur américain Boeing, qui repose sur la cellule d’un avion de ligne 737. À la suite de cette annonce officielle, les actions de la société suédoise Saab ont enregistré une hausse de près de 4 % sur les marchés financiers mardi.
Des options de vol à intégrer
Le calendrier de déploiement dépend désormais de la finalisation des discussions menées par le président-directeur général de Saab, Micael Johansson. Ce dernier a confirmé la capacité du groupe suédois à honorer les premières livraisons d’ici la fin de la décennie.
Le nombre final d’avions commandés est resté incertain en raison de discussions techniques parmi les responsables militaires. Les planificateurs ont débattu de l’opportunité de commander une version plus coûteuse dotée d’un système de ravitaillement. Une personne familière avec ce dossier a confirmé que les avions GlobalEye ne disposeront pas initialement de cette capacité technique. Cette fonctionnalité devrait toutefois être ajoutée ultérieurement lors d’une mise à jour programmée. Cette fonction de ravitaillement en vol, disponible sur la flotte d’AWACS existante, s’est pourtant révélée précieuse pour les missions menées à proximité de l’Ukraine. L’alliance considère le système GlobalEye comme une plateforme ayant déjà fait ses preuves lors de missions antérieures.


