PARIS, 9 juillet (Le Parisien Matin) – Le ministère français des Affaires étrangères a officiellement identifié la Syrie comme un corridor viable pour le transit mondial de pétrole. Dans un contexte de blocages commerciaux persistants dans le détroit d’Ormuz, cette réorientation souligne la volonté de Paris de diversifier ses routes énergétiques.
La multiplication des tensions géopolitiques impliquant l’Iran a gravement entravé le commerce maritime par le détroit d’Ormuz, zone par laquelle transite habituellement environ 20 % du pétrole mondial. Face à cette instabilité, le gouvernement français cherche des solutions de contournement pour garantir la fiabilité des approvisionnements vers les marchés internationaux.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a précisé lors d’une intervention récente que la stabilisation de la Syrie, un an et demi après la chute du régime de Bachar al-Assad, permet d’envisager ce pays comme un centre logistique régional. Le renforcement de la souveraineté syrienne offre désormais des perspectives inédites pour le transit terrestre de brut.
« Parmi tous les efforts que nous avons déployés depuis le début de cette crise, il y a l’idée de préparer des routes alternatives pour ne pas dépendre de blocages ici ou là », a déclaré Jean-Noël Barrot.
L’Irak a déjà établi un précédent en acheminant du pétrole brut par camion à travers la Syrie vers les ports méditerranéens pour réexportation. Aujourd’hui, des plans sont en cours pour réhabiliter le pipeline historique Kirkouk-Baniyas, visant à rétablir un transit à haut volume.
Le secteur privé français s’est rapidement positionné sur ce marché. TotalEnergies a signé un protocole d’accord pour l’exploration de blocs offshore en Méditerranée, considérant le territoire syrien comme un carrefour géographique essentiel pour les futurs investissements au Moyen-Orient. Parallèlement, le groupe logistique CMA CGM a conclu un contrat de 30 ans, évalué à 230 millions d’euros, pour moderniser le terminal à conteneurs du port de Lattaquié.
Tout en consolidant ces corridors terrestres, la France maintient une présence active en mer. En collaboration avec le Royaume-Uni et l’Oman, Paris travaille à la mise en place d’une mission navale internationale dans le golfe d’Oman. Cette initiative vise à protéger les opérations des navires commerciaux et à faciliter le déminage à proximité du détroit bloqué, complétant ainsi la stratégie globale de sécurisation des approvisionnements énergétiques français.


