BRUXELLES, 11 juillet (Le Parisien Matin) – L’Union européenne a refusé d’intégrer dans son vingt-et-unième paquet de sanctions contre la Russie une interdiction générale d’entrée sur son territoire pour les militaires russes ayant participé à la guerre contre l’Ukraine, à la suite de fortes oppositions internes.
La proposition originale avait été présentée le 9 juin 2026 par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, comme le rapportent le portail d’information Euractiv et l’agence Ukrainian News.
Soutenue avec fermeté par les États baltes et plusieurs nations d’Europe du Nord, l’initiative prévoyait d’imposer un refus d’accès automatique à l’ensemble du personnel des forces armées russes mobilisé depuis le début de l’invasion à grande échelle. Cette mesure inédite devait s’appliquer de façon globale, en ciblant aussi bien les combattants du front que le personnel administratif et logistique.
Des divisions internes majeures entre les États membres ont toutefois lourdement compromis ce projet initial. Fortement dépendantes des recettes touristiques générées par les citoyens russes, la France, l’Italie et la Grèce ont fermement insisté pour assouplir les restrictions envisagées.
Plusieurs capitales chargées de la délivrance des autorisations ont également invoqué la faisabilité administrative de la mesure, soulignant la charge juridique et opérationnelle démesurée imposée aux services consulaires pour vérifier le parcours militaire de millions de candidats. En outre, la France et l’Italie ont exprimé de vives réserves quant au risque de poursuites judiciaires devant leurs tribunaux nationaux, estimant que ce sujet devait relever de politiques de visas ciblées plutôt que de paquets de sanctions économiques globales.
Sous la pression de ces gouvernements, la proposition finale soumise par l’Irlande, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, a considérablement réduit la portée du texte.
Selon une source diplomatique citée par le média Euractiv :
« La portée de l’interdiction a été restreinte aux visas de court séjour et les critères sont passés d’une participation générale à une participation active aux combats ».
Désormais, la mesure restreinte s’applique exclusivement aux personnes ayant directement pris part à des opérations de combat ou à des unités irrégulières contrôlées par Moscou en Ukraine depuis février 2022. L’exigence initiale qui contraignait les demandeurs de visa à prouver qu’ils n’avaient pas combattu sur le théâtre ukrainien a été complètement retirée du projet.
Par ailleurs, des exceptions humanitaires ont été élargies pour accueillir les déserteurs, les dissidents ou répondre à des impératifs d’intérêt national. Ces visas dérogatoires ne seront valables que dans le seul pays émetteur, bloquant ainsi toute possibilité de libre circulation au sein de l’espace Schengen.
D’après les données rapportées par Euractiv, le nombre de visas délivrés aux citoyens russes a progressé de 10,2 % en 2025 par rapport aux chiffres de 2024. Parmi les pays membres de l’Union européenne, la France, l’Italie et l’Espagne ont occupé les premières places pour le volume de visas accordés.


