SCUNTHORPE, 18 juillet (Le Parisien Matin) – Le ministère des Affaires étrangères a annoncé samedi qu’il suivrait étroitement la nationalisation britannique de British Steel et prendrait des mesures appropriées si cela s’avérait nécessaire. Le gouvernement britannique a pris le contrôle complet de l’aciérie jeudi, justifiant cette décision par des raisons de sécurité nationale.
L’aciérie perd 700 000 livres par jour
Jingye, une des 100 plus grandes entreprises chinoises, avait acheté British Steel pour 70 millions de livres en 2020. L’entreprise perdait 700 000 livres quotidiennement en 2025 selon ses déclarations.
En mars 2025, une consultation interne a conclu que les hauts-fourneaux n’étaient pas viables financièrement. Le mois suivant, l’annulation de commandes de matériaux clés a suscité des craintes quant à une fermeture imminente de l’usine.
Contrôle opérationnel saisi un an avant la nationalisation
Le gouvernement britannique a pris le contrôle des opérations en avril 2025 pour empêcher cette fermeture, bien que le propriétaire chinois en conserve formellement la propriété jusqu’à jeudi. L’ownership s’est transféré au Royaume-Uni jeudi, avec nomination prévue d’un évaluateur indépendant en automne pour déterminer si une compensation est due.
L’unique source d’acier primaire du Royaume-Uni
L’usine de Scunthorpe emploie environ 2 700 personnes directement et en soutient des milliers d’autres dans la chaîne d’approvisionnement. Elle demeure la seule source de production primaire d’acier au Royaume-Uni.
Si la production s’arrêtait, le pays deviendrait le seul membre du G7 incapable de fabriquer cet acier. L’installation produit des types d’acier non fabriqués ailleurs dans le pays, notamment pour Network Rail et l’industrie de la construction.
Pékin dénonce une violation d’accord
Le ministère du Commerce a déclaré vendredi que l’expropriation « a sérieusement porté atteinte aux droits légitimes et aux intérêts » de Jingye et « gravement endommagé » la confiance des investisseurs chinois envers le Royaume-Uni. Pékin a appelé le gouvernement britannique à respecter ses obligations en vertu du Traité sino-britannique de protection des investissements, signé en 1986.
« La question a attiré beaucoup d’attention »
A affirmé le ministère des Affaires étrangères dans son communiqué.
« La manière dont la Grande-Bretagne gère cette affaire affectera directement la confiance des investisseurs chinois dans le climat d’investissement britannique. »
Les négociations ont échoué
Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré vendredi que les discussions avec le propriétaire n’avaient pas permis de
« parvenir à un accord représentant une valeur pour le contribuable ».
Il a souligné que
« Londres valorise fortement sa relation avec Pékin et reste ouverte aux investissements chinois ».
Coût de fonctionnement dépasse un million de livres par jour
L’infrastructure coûte plus d’un million de livres quotidiennement. Le Bureau national d’audit avait estimé en mars que l’usine coûtait environ 1,3 million de livres par jour au gouvernement. Le ministre des PME a indiqué à la Chambre des communes que le gouvernement couvrirait les frais de fonctionnement « pour l’avenir immédiat ».
Stratégie long terme vers les fours à arc électrique
Le Royaume-Uni importe la majorité de son acier auprès de l’Union européenne, des États-Unis, de la Chine et de l’Inde. La production d’acier ailleurs en Grande-Bretagne repose sur des fours à arc électrique, qui recyclent la ferraille.
La stratégie gouvernementale à long terme vise à faire provenir tout l’acier domestique de ces installations, moins chères et beaucoup moins polluantes. Cependant, le maintien de la production à Scunthorpe a été jugé nécessaire jusqu’à ce que des alternatives deviennent disponibles.
Privatisation remonte à 1988
British Steel avait été privatisée en 1988 par le gouvernement de Margaret Thatcher, mettant fin à plus d’une décennie sous contrôle public.


