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Home»Économie»Les constructeurs automobiles chinois développent leur production industrielle en Europe
Économie

Les constructeurs automobiles chinois développent leur production industrielle en Europe

Angela AielloPar Angela Aiellomardi, 02 juinAucun commentaire4 Min Temps de lecture
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Production locale des constructeurs automobiles chinois pour éviter les taxes
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BRUXELLES, 2 juin (Le Parisien Matin) – Les constructeurs automobiles chinois bousculent l’Europe en doublant leur part de marché à 7,3 %. Portés par des prix compétitifs et des technologies avancées, ces géants asiatiques multiplient les usines locales et les modèles hybrides pour contourner efficacement les lourdes taxes douanières de l’Union européenne.

Une domination commerciale portée par des géants verticaux

Confrontés à une surcapacité de production de près de 50 % sur leur marché intérieur et à une guerre des prix nationale féroce, les groupes asiatiques font de l’Europe leur cible commerciale prioritaire. Pour s’imposer, les constructeurs automobiles chinois s’appuient sur une intégration verticale totale, notamment la fabrication interne des cellules de batteries qui représentent 40 % du coût d’une voiture électrique. Cette maîtrise technique leur permet d’afficher des tarifs inférieurs de 10 000 euros à ceux des constructeurs historiques européens sur les segments intermédiaires.

Le géant BYD a ainsi enregistré 101 221 véhicules sur le vieux continent au premier quadrimestre, surpassant officiellement l’américain Tesla grâce à une augmentation de 143,9 % sur un an. De son côté, le groupe Geely, propriétaire de Volvo, Polestar, Lotus, Zeekr et Lynk & Co, s’impose comme le premier exportateur asiatique en Europe avec 2,5 % des immatriculations globales entre janvier et avril. Il devance SAIC Motor qui capte 2,4 % des ventes de la région, principalement via sa filiale MG Motor. Quant à la firme Chery, ses volumes explosent de 267,1 % sur la même période grâce aux lancements simultanés de ses marques Omoda et Jaecoo.

Stratégie industrielle et délocalisation des usines

Pour neutraliser les taxes douanières de l’Union européenne sur les véhicules électriques, qui culminent à 35,3 % pour SAIC et à 17 % pour BYD, les constructeurs automobiles chinois abandonnent le modèle exclusif de l’exportation pour s’implanter directement au cœur du continent. SAIC Motor investit ainsi 200 millions d’euros pour bâtir son premier site d’assemblage européen en Galice, en Espagne, avec un objectif de capacité annuelle de 120 000 véhicules. De son côté, Chery s’est associé via une coentreprise avec la marque espagnole EBRO pour réactiver une ancienne usine Nissan à Barcelone.

Cette réorientation industrielle pousse également les marques vers des motorisations non soumises aux pénalités financières. Les constructeurs automobiles chinois ont ainsi multiplié par quatre leurs ventes de modèles hybrides rechargeables et thermiques en Italie et en Espagne, des segments totalement exemptés de droits de douane. De plus, un accord conclu permet désormais de remplacer les barrières douanières par un prix plancher d’importation fixé autour de 30 000 euros associé à des volumes annuels stricts. Les constructeurs automobiles chinois redessinent ainsi la carte des flux économiques mondiaux.

Les constructeurs automobiles chinois comme BYD développent leurs usines en Europe

Une fracture politique majeure fragilise l’Europe

Cette bascule industrielle met en lumière une fracture politique majeure au sein de l’Union européenne. D’un côté, la France défend une ligne protectionniste dure pour protéger ses constructeurs généralistes. De l’autre, l’Allemagne redoute des mesures de rétorsion de Pékin contre ses fleurons haut de gamme. Parallèlement, des pays comme l’Espagne ou la Hongrie préfèrent dérouler le tapis rouge aux capitaux asiatiques pour revitaliser leurs bassins d’emplois locaux. À terme, cette rivalité interne risque d’affaiblir la cohésion économique de la région, transformant un enjeu commercial en une crise de souveraineté pour les travailleurs du vieux continent.

Bouleversement industriel et riposte des groupes européens

L’arrivée massive de ces nouveaux acteurs provoque des restructurations sans précédent chez les constructeurs européens. Le groupe Volkswagen a mis fin à l’assemblage de véhicules sur son site de Dresde, fermant pour la première fois une usine sur le sol allemand, et prévoit de supprimer environ 35 000 emplois pour préserver ses marges. Stellantis a également réduit d’un tiers les effectifs de son usine polonaise de Tychy, tout en choisissant de s’allier au constructeur Leapmotor via une coentreprise commerciale pour distribuer ses modèles.

« La société vise à être capable de produire tous ses véhicules électriques pour le continent localement d’ici 2028 », a déclaré Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD.

Cette transition fragilise grandement les sous-traitants locaux spécialisés dans les composants thermiques, menaçant environ 100 000 emplois industriels au cours de la prochaine décennie. Les prévisions de S&P Global Mobility indiquent que le parc de véhicules géré par les constructeurs automobiles chinois en circulation en Europe passera de 6 millions de voitures à plus de 28 millions d’unités à l’horizon réglementaire fixé. Face à cette situation, les marques européennes accélèrent le développement de modèles citadins à moins de 25 000 euros pour défendre leurs segments de marché historiques.

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