FLANDRE, 21 août (Le Parisien Matin) – Le Festival international d’orgue en Flandre a annoncé onze concerts prévus du 6 septembre au 6 décembre, chaque dimanche à 16h, dans des églises de Flandre française et belge. La manifestation a valorisé le patrimoine organistique sous la direction artistique de Jan Vermeire.
Un parcours de Gravelines à Dunkerque
Le festival a débuté le 6 septembre à Gravelines, à l’église Saint-Willibrord, avec David Cassan. Il s’est poursuivi le 13 septembre à Quaëdypre, à l’église Saint-Omer, avec Yulia Yurchak et Cécilia Revazal au violon, puis le 27 septembre à Houtkerque, à l’église Saint-Antoine, avec Gabbrielle Giacomelli.
En octobre, il a fait étape le 4 à Hondschoote, à l’église Saint-Vaast, avec Koen Maris et Mattijs Louwye au violoncelle, le 11 à Bailleul, à l’église Saint-Vaast, avec Jonathan Dimmock, le 18 à Arnèke, à l’église Saint-Martin, avec Matthieu Magnuszewski, voix haute-contre, et le 25 à Looberghe, à l’église Saint-Martin, avec Luc Ponet.
En novembre, il a proposé le 1er à West-Cappel, à l’église Saint-Sylvestre, avec André Poortvliet, le 8 à Warhem, à l’église Notre-Dame de l’Assomption, avec Samuel Dobrakowski, Perrine Delecour au violon et le chœur Ekla, le 15 à Wulverdinghe avec Jan Vermeire à l’orgue portatif et Dimos De Beun à la flûte à bec, puis le 6 décembre à Dunkerque, à l’église Saint-Éloi, avec Pierre Méa.
Au fil des ans, le festival est devenu un rendez-vous incontournable pour les passionnés de musique et les amoureux du patrimoine. La qualité des artistes internationaux et la programmation de Jan Vermeire ont expliqué ce succès.
Sylvie Gakyère a déclaré :
« les Flandres possèdent un patrimoine organistique très riche et diversifié. Ce festival tient avant tout à le mettre en valeur en organisant les concerts sur les instruments les plus prestigieux, tous différents par la composition des registres, l’époque de construction… mais tous sachant faire apprécier les sons et autres harmonies. »
Diversité des styles et dialogues
La programmation a mis en avant une variété de répertoires, du baroque au contemporain et aux airs traditionnels comme les danses espagnoles.
L’orgue a été présenté comme un orchestre à lui seul, capable d’une douceur infinie ou d’une puissance monumentale.
Le festival a privilégié les dialogues instrumentaux. L’orgue a été associé au violon, au violoncelle, à la flûte à bec, à une voix haute-contre et à un chœur.
L’instrument de l’église Saint-Éloi de Dunkerque, qui a accueilli la clôture, a été décrit comme l’un des plus impressionnants et des plus puissants.
Tous les concerts ont eu lieu le dimanche à 16h. L’entrée a été fixée à 10 euros, gratuite pour les moins de 18 ans. Les réservations se sont effectuées auprès de l’association Orgues de Flandre, qui a aussi mené des actions pédagogiques avec une maquette itinérante et des expositions.
L’orgue comme levier transfrontalier
Ce qui frappe dans cette édition, ce n’est pas seulement la densité musicale, c’est la méthode. Le festival ne s’est pas contenté d’aligner des récitals, il a relié deux Flandres par leurs tuyaux.
D’un côté, la Flandre française avec ses églises de village, de l’autre la Flandre belge, Nieuport, Furnes ou La Panne, dans une même tournée dominicale.
Le choix de sortir l’orgue de son image liturgique stricte est stratégique. En le confrontant au violon, au violoncelle, à la flûte à bec ou à une voix haute-contre, Jan Vermeire a imposé l’idée d’un instrument-orchestre, capable de porter du baroque comme des danses espagnoles.
C’est une opération de dépoussiérage assumée, qui parle autant aux mélomanes qu’à un public qui ne pousse jamais la porte d’une tribune.
Il y a enfin l’angle pédagogique, souvent anecdotique ailleurs, ici central. La maquette itinérante dans les écoles n’est pas un gadget, c’est un investissement patrimonial.
Dans une région où chaque commune possède un orgue différent par ses registres et son époque, transmettre le mécanisme, c’est assurer la prochaine génération d’auditeurs et, peut-être, d’organistes.


