THUSIS, 21 août (Le Parisien Matin) – Deux incendies d’immeubles d’habitation survenus dans la nuit de jeudi à vendredi en Suisse ont fait 19 blessés et cinq personnes portées disparues, selon les polices cantonales. Le bilan le plus lourd fut enregistré à Thusis, où un bâtiment abritant un restaurant a été entièrement détruit.
L’immeuble de Thusis entièrement détruit
L’alerte fut donnée peu après minuit dans la petite ville de Thusis, dans le canton des Grisons. La police cantonale des Grisons indiqua :
« Dans la nuit de jeudi à vendredi, un important incendie s’est déclaré dans un immeuble de la petite ville de Thusis. Un restaurant avec des logements a entièrement brûlé. Cinq personnes sont portées disparues ».
Quatorze personnes parvinrent à quitter l’immeuble par leurs propres moyens. Huit d’entre elles furent blessées, dont deux grièvement.
Les victimes reçurent des soins d’urgence sur place avant d’être réparties dans les hôpitaux de Coire, Thusis, Ilanz et Zurich.
Les premières constatations orientèrent les enquêteurs vers un départ de feu à l’étage. La police cantonale des Grisons précisa :
« d’après les premières constatations, le feu s’est déclaré au deuxième étage du bâtiment ».
La structure céda rapidement pendant l’intervention. La police cantonale des Grisons expliqua :
« La cage d’escalier s’étant effondrée, il a fallu ouvrir le toit à l’aide d’une grue ».
Près de 100 sapeurs-pompiers furent mobilisés. Les opérations d’extinction se poursuivaient encore vendredi matin, avec une démolition progressive du toit pour accéder aux décombres.
Onze blessés dont un policier à Schaffhouse
Quelques heures plus tôt, vers 22h30, un second incendie se déclara à Schaffhouse, dans le nord du pays. Le foyer se situait dans la cuisine d’un appartement.
La police locale annonça :
« Onze personnes ont été blessées, dont neuf ont dû être transportées à l’hôpital ».
À l’arrivée des secours, l’appartement était déjà entièrement embrasé. L’action rapide des pompiers a, selon la police locale, « empêché l’incendie de se propager à d’autres appartements ».
Deux enquêtes distinctes furent ouvertes pour déterminer l’origine des feux. La police locale indiqua :
« La cause exacte de l’incendie est en cours de détermination ».
À Thusis, les recherches des cinq disparus devaient durer plusieurs jours, avec des analyses ADN prévues dans les décombres. À Schaffhouse, la majorité des habitants put regagner son logement après deux heures.
Deux feux, deux fragilités du logement suisse
Ce double drame survenu à quelques heures d’intervalle met en lumière deux vulnérabilités bien distinctes du parc immobilier helvétique.
À Thusis, c’est le modèle de la maison mixte, commerce au rez et petites surfaces locatives aux étages, qui a montré ses limites.
Ces bâtiments anciens, souvent cloisonnés en studios pour des travailleurs isolés et de nationalités diverses, cumulent matériaux combustibles, escalier unique et absence de désenfumage moderne.
L’effondrement de la cage d’escalier, point névralgique, a transformé un incendie d’étage en piège mortel et rendu l’intervention extraordinairement lourde, avec une grue pour éventrer le toit.
À Schaffhouse, le scénario est plus banal mais tout aussi révélateur. Un départ en cuisine, l’accident domestique le plus fréquent, a suffi à enfumer tout un immeuble collectif et à envoyer neuf personnes à l’hôpital pour inhalation.
Le fait qu’un policier arrivé en primo-intervention figure parmi les blessés rappelle que les fumées toxiques tuent plus que les flammes elles-mêmes.
La rapidité des pompiers a évité le pire, mais l’incident interroge sur la généralisation des détecteurs et des portes coupe-feu dans les immeubles locatifs du quartier du Riet.
Dans les deux cas, les cantons devront gérer l’urgence sociale autant que technique : reloger des rescapés sans assurance tous risques et identifier des victimes dans des décombres instables.
L’exclusion rapide de la piste météorologique à Thusis oriente les regards vers l’installation électrique ou humaine.


