SALAMINE, 17 août (Le Parisien Matin) – Deux personnes ont été retrouvées mortes et près de 600 résidents et vacanciers ont été évacués ce dimanche après deux incendies majeurs déclarés presque simultanément sur l’île de Salamine, au sud-ouest d’Athènes, ont indiqué les pompiers.

Les victimes furent découvertes à proximité de la plage de Peristeria, dans le sud de l’île. Il s’agissait d’un couple de personnes âgées piégé par les flammes à l’extérieur de son domicile.

Deux morts près de la plage de Peristeria

Un membre des services de secours joint par l’AFP affirma que « Deux corps ont été découverts » près de la plage de Peristeria.

Le couple fut surpris par un feu qui dévora la forêt de pins environnante. Dix personnes furent prises en charge pour des brûlures, dont trois restèrent hospitalisées.

Plusieurs habitations furent endommagées et des lignes électriques coupées, privant une partie de l’île d’énergie.

La protection civile ordonna l’évacuation immédiate des zones menacées. Un porte-parole déclara à la chaîne ERT que « Un ordre d’évacuation a été donné. Des centaines de vacanciers et de résidents permanents sont concernés », selon Yiannis Artopios.

Au total, près de 600 personnes furent évacuées, dont une centaine par voie maritime. Les garde-côtes déployèrent cinq navires, appuyés par des bateaux privés depuis Peristeria, Selinia et Kaki Vigla.

Les liaisons de ferry depuis le Pirée furent réorganisées pour donner la priorité aux secours. Une interdiction de navigation de plaisance fut imposée au sud et à l’est pour ne pas gêner les bombardiers d’eau.

Un feu foudroyant attisé par les vents

Les deux foyers furent détectés presque simultanément dans deux zones de baignade. Attisé par des vents à plus de 70 km/h, le feu se propagea dans les zones habitées en seulement sept minutes.

Cette rapidité prit de court les résidents. L’Attique fut placée en alerte maximale de niveaux 4 et 5 en raison de la sécheresse du maquis.

Environ 150 pompiers furent mobilisés avec quatre avions et six hélicoptères. Les effectifs furent renforcés à près de 200 pompiers, 50 véhicules et 13 moyens aériens.

Les feux à Salamine furent maîtrisés en fin de journée. La surveillance se poursuivit pour éviter toute reprise.

La Grèce fit face à une recrudescence d’incendies depuis fin juillet. Les autorités recensèrent plus de 30 départs de feux en 24 heures, puis 36 nouveaux incendies le lendemain.

Un autre incendie se déclara ce lundi au sud-est d’Athènes et provoqua de nouvelles évacuations. La saison coûta déjà la vie à cinq pompiers dans le pays.

Salamine ne fut pas le seul foyer d’inquiétude. En Chalcidique, un incendie majeur toucha les zones balnéaires de Siviri et Fourka.

Des milliers de touristes durent évacuer les plages face à des flammes menaçant les complexes hôteliers. Sur l’île de Skyros, un autre feu se déclara simultanément et mobilisa d’importants moyens aériens.

Salamine, le révélateur d’une Grèce à bout de souffle

L’incendie de Salamine n’est pas un accident isolé. C’est le symptôme d’une conjonction redoutable qui se répète chaque été en Grèce, mais qui a pris cette année une dimension inédite.

D’abord, il y a la géographie. Salamine n’est pas une île sauvage et isolée. C’est l’île la plus proche d’Athènes, à vingt minutes de ferry du Pirée.

Une banlieue insulaire, densément construite, où les maisons mitoyennes s’enchevêtrent avec une pinède sèche, inflammable comme de l’essence. Quand le feu met sept minutes pour passer de la forêt au salon, ce n’est plus un feu de forêt, c’est un feu urbain.

Les pompiers ne luttent plus contre un front, mais contre cent départs simultanés dans des jardins, des terrasses, des ruelles.

Ensuite, il y a le timing. Le 15 août est en Grèce ce que le 15 août est en France : le grand chassé-croisé, le pic absolu de fréquentation. Salamine était pleine de résidents secondaires athéniens, de vacanciers sans connaissance du terrain, d’enfants sur les plages.

L’ordre d’évacuation a concerné des personnes qui ne savaient pas où aller. D’où le recours massif à la mer, une méthode que la Grèce avait déjà utilisée à Mati en 2018, mais qui reste une mesure de dernier recours.

Enfin, la simultanéité des foyers interroge. Deux départs presque au même moment, dans deux zones distinctes de baignade, par vent de plus de 70 km/h. Les enquêteurs n’ont pas encore communiqué, mais dans un pays où plus de 30 départs ont été recensés en 24 heures, la question de l’origine humaine, volontaire ou par négligence, se pose systématiquement.

Avec une sécheresse historique du maquis et cinq pompiers déjà morts depuis le début de la saison, la Grèce ne fait plus face à des incendies saisonniers. Elle fait face à une crise structurelle où le modèle de secours, même renforcé à 200 hommes et 13 moyens aériens, est constamment sous tension.

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