GENÈVE, 14 juin (Le Parisien Matin) – La police suisse a fait usage de gaz lacrymogènes ce dimanche 14 juin pour disperser des manifestants rassemblés à proximité des bâtiments de l’ONU. Cette intervention fait suite à des débordements violents en marge d’un rassemblement contre le sommet du G7, qui se tient actuellement de l’autre côté de la frontière, à Évian-les-Bains.
Environ 20 000 personnes ont pris part à cette manifestation regroupant des activistes environnementaux, féministes et anti-impérialistes. Parmi eux, environ 600 militants identifiés comme appartenant au « Black Bloc » ont dévié du cortège principal pour cibler des infrastructures onusiennes. Ces individus ont lancé des pierres et des fusées éclairantes sur un bâtiment de télécommunications des Nations unies.
Les autorités locales ont dû réagir rapidement face à une montée des violences urbaines. Au-delà du site onusien, les vitrines d’une succursale de la Banque du Léman ont été brisées, et un véhicule Tesla a été incendié dans une rue adjacente. Le porte-parole de la police genevoise, Alexandre Brahier, a précisé les conditions de l’action des forces de l’ordre :
« La police a déployé du gaz lacrymogène pour forcer les manifestants à reculer et a émis un ordre formel de dispersion. »
La mobilisation, bien que majoritairement pacifique en début de journée, a été marquée par une organisation poussée de la part des militants. Des manuels de sécurité, incluant des cartes et des conseils juridiques, avaient été distribués aux participants pour anticiper les confrontations avec les forces de l’ordre. Les slogans affichés ciblaient directement les dirigeants mondiaux et le mode de vie des participants au sommet.
Pour prévenir tout débordement de grande ampleur, un dispositif sécuritaire massif a été mis en place. Vingt-huit des trente-cinq passages frontaliers entre la France et la Suisse ont été fermés. À Genève, les commerces situés sur les axes principaux, comme la rue du Mont-Blanc, avaient été protégés par des panneaux de bois plusieurs jours avant l’événement.
Du côté français, plus de 13 000 policiers et gendarmes ont été déployés pour sécuriser les accès à Évian-les-Bains. Ce déploiement, soutenu par une surveillance lacustre conjointe sur le lac Léman, vise à empêcher toute incursion par voie d’eau, alors que les chefs d’État arrivent pour l’ouverture officielle du sommet.


