HÉRIC, 25 août (Le Parisien Matin) – Un incendie s’est déclaré lundi vers 22 h 05 aux écuries Pujol, structure équestre privée du hameau de Glasnet, à Héric, au nord de Nantes (Loire-Atlantique).

À l’arrivée des secours, 200 m² du bâtiment de 500 m² étaient déjà embrasés et les flammes menaçaient de détruire la totalité du site ainsi qu’un mobil-home attenant. Aucun humain ni cheval n’a été blessé.

Les habitants du hameau de Glasnet donnèrent l’alerte. Ils furent réveillés par des détonations sourdes au cœur de la nuit, provoquées par l’éclatement de pneumatiques d’engins agricoles sous l’effet de la chaleur intense.

« Les voisins ont entendu les éclatements de pneus des engins engendrés par la chaleur et ont rapidement appelé les secours ».

Explique un intervenant.

Le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours fut prévenu et engagea d’importants moyens.

Près de 25 sapeurs-pompiers et 7 engins furent mobilisés au cours de la nuit. Trois lances à eau furent établies pour contenir le brasier et couper sa progression vers les 300 m² restants du bâtiment principal.

Les équipes d’Enedis et de GRDF intervinrent en urgence pour couper les alimentations en électricité et en gaz, afin d’écarter tout risque d’explosion secondaire ou d’électrocution pendant l’arrosage. La gendarmerie sécurisa les accès.

Grâce à cette stratégie, les pertes furent limitées à 75 m² détruits, dont un hangar partiellement brûlé. Le mobil-home voisin fut préservé.

Dans une structure équestre, l’odeur de fumée et la panique des animaux constituèrent le principal danger.

Tous les équidés furent extraits de leurs boxs dès les premières minutes et regroupés dans les prés attenants, loin du foyer. L’opération se déroula avant que les flammes ne lèchent leur zone de couchage.

Aucun animal n’inhala de fumées toxiques de manière critique, selon les premiers éléments communiqués sur place.

Les gendarmes de la compagnie de Nort-sur-Erdre ouvrirent une enquête de routine pour établir les causes matérielles du sinistre.

La piste accidentelle resta privilégiée, avec l’hypothèse d’une défaillance technique, comme un court-circuit sur l’un des engins agricoles entreposés dans le hangar.

Ce sinistre aux écuries Pujol illustre parfaitement la vulnérabilité des structures équestres privées, souvent à la lisière entre habitation, stockage agricole et hébergement animalier. Sur le papier, 75 m² détruits peuvent sembler limités. Dans les faits, c’est toute la chaîne de risques qui s’est jouée en quelques minutes.

Le premier enseignement, c’est le rôle du voisinage. Dans un hameau isolé comme Glasnet, sans gardiennage nocturne, le déclencheur d’alerte n’est pas un détecteur connecté mais le bruit d’un pneu qui explose.

Cette réalité rappelle que beaucoup d’écuries familiales ne disposent pas de détection incendie reliée, ni de compartimentage coupe-feu entre la partie engins et la partie boxes.

Le second enseignement est matériel. Foin, paille, copeaux, carburant pour tracteur, batteries, chargeurs : une écurie concentre tout ce qui accélère un départ de feu.

La présence d’engins agricoles dans le même volume que les boxes, pratique courante faute de place, transforme un incident électrique mineur en risque majeur de propagation.

Enfin, la réussite de l’évacuation des chevaux tient à une décision immédiate : sortir les animaux avant de vouloir sauver le bâti.

C’est contre-intuitif pour un propriétaire, mais c’est le seul protocole qui évite la panique, les blessures et l’inhalation. Cet incendie, sans perte animale, devrait servir de cas d’école pour les petites structures du nord Loire, où la pression foncière pousse à densifier sur un même bâtiment des usages qui devraient rester séparés.

Partager.