NOUZILLY, 27 août (Le Parisien Matin) – Un ânon grand noir du Berry a vu le jour le 8 juillet 2026 sur le site de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), près de Tours, grâce à une technique d’insémination artificielle à base de semence réfrigérée mise au point pour préserver la race.
Une race menacée d’extinction
La race fait face à une situation démographique critique. L’Inrae recense moins de 1 000 individus sur l’ensemble du territoire français, un seuil alarmant pour sa survie.
Le nombre de naissances annuelles reste très faible, avec moins de 30 poulains par an. Cette faiblesse fut aggravée par des difficultés naturelles de reproduction et par l’isolement géographique des éleveurs.
« Les effectifs d’ânes domestiques diminuent régulièrement, menaçant certaines races locales comme le grand noir du Berry ».
Fit valoir l’Inrae.
Pour enrayer ce déclin, l’institut a mis en place un programme de préservation basé sur la reproduction assistée. Les scientifiques réfrigèrent désormais la semence de l’âne avant de procéder par insémination artificielle.
Cette méthode marqua une rupture avec les pratiques précédentes. Auparavant, l’Inrae congela les spermatozoïdes, une technique qui afficha des résultats jugés insuffisants.
« avec seulement 0 à 10 % de réussite ».
Dévoila l’Inrae.
La réfrigération offrit une efficacité supérieure et ouvrit une nouvelle voie pour la sauvegarde génétique de la race.
Quatre naissances déjà obtenues
Le programme reposa sur la collaboration de 17 éleveurs volontaires répartis sur le territoire national. Ils acceptèrent de participer aux essais d’insémination avec semence réfrigérée.
Quatre ânons naquirent grâce à cette méthode, dont le dernier directement sur le site expérimental de Nouzilly, en Indre-et-Loire, où se déroulent les recherches.
Cette naissance fut qualifiée d’exceptionnelle par l’institut en raison de son caractère de première scientifique pour la race.
L’âne grand noir du Berry se distingua par une robe unie noir profond à noir pangaré, une tête au nez rectiligne souligné de gris clair et de grandes oreilles portées droites.
Il présente un ventre gris clair sans bande cruciale sur le dos et mesure entre 1,35 m et 1,45 m au garrot pour les mâles.
Historiquement surnommé le compagnon du berrichon, il fut utilisé pour les travaux agricoles et le halage le long du canal de Berry avant de décliner après la motorisation d’après-guerre. Il fut reconnu officiellement par le ministère de l’Agriculture en 1994.


