PARIS, 27 août (Le Parisien Matin)Xavier Bertrand a annoncé jeudi 27 août qu’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le président Les Républicains de la région Hauts-de-France s’est exprimé lors de l’université de rentrée du Medef, interrogé sur ses intentions pour la course à l’Élysée.

Une déclaration à Longchamp

Xavier Bertrand a officialisé sa démarche devant les chefs d’entreprise réunis à la Rencontre des Entrepreneurs de France. A la question de savoir s’il comptait se lancer, il a répondu : « Je le serai », a déclaré Xavier Bertrand.

Il a toutefois précisé que sa déclaration officielle et détaillée interviendrait plus tard. Son annonce interviendrait « à la fin de l’année, pas avant », selon ses propos tenus début août.

Cette prise de parole a entériné les déclarations qu’il avait accordées au Figaro et à Ouest-France au début du mois.

Le candidat a indiqué qu’il ne participerait pas à une éventuelle primaire de la droite et du centre. Il a rejeté ce mode de désignation, en référence à sa défaite lors du congrès LR de 2021.

« On ne va pas faire les mêmes conneries à chaque fois »

A lancé Xavier Bertrand. Il avait déjà affirmé :

« Quand je me déclarerai, ce sera en candidat indépendant, je l’assume ».

Sa position le place en porte-à-faux avec son propre parti, qui a déjà investi son président Bruno Retailleau pour le scrutin présidentiel.

Un refus de s’allier aux héritiers de la Macronie

Interrogé sur de potentielles alliances au sein du bloc central, Xavier Bertrand a écarté tout rapprochement. La question lui a été posée après que Gérald Darmanin eut imaginé un « bon duo » avec Édouard Philippe.

« Si je n’ai pas été avec Macron, ce n’est pas pour aller avec ses héritiers »

A martelé Xavier Bertrand. Il a également déclaré :

« On ne va pas faire les mêmes erreurs à chaque fois ».

L’université du Medef a réuni plusieurs autres prétendants à l’Élysée, dont Édouard Philippe, Marine Le Pen et Gabriel Attal.

Le choix de Xavier Bertrand de dégainer fin août, depuis l’estrade du Medef, n’est pas anodin. Il prend date avant tout le monde et impose un récit : celui de l’homme d’expérience qui parle aux entreprises, pas aux appareils.

En refusant la primaire, il tire la leçon de 2021. Le congrès LR l’avait éliminé au profit de Valérie Pécresse, une blessure politique qui a durablement nourri sa méfiance envers les scrutins internes.

Se déclarer indépendant lui permet de s’affranchir d’un parti qui a déjà choisi Bruno Retailleau, mais c’est aussi un pari risqué. Sans étiquette LR, il devra construire seul ses parrainages, son financement et son ancrage militant.

Son attaque contre les « héritiers » de la Macronie vise directement Édouard Philippe et Gabriel Attal. Bertrand cherche à occuper un espace devenu vacant : une droite sociale, ancrée dans les régions, qui n’a jamais gouverné avec Emmanuel Macron.

Le problème, c’est que cet espace est encombré. Retailleau à droite, Philippe au centre-droit, et même Gérald Darmanin qui tente de faire le lien, tous chassent sur les mêmes terres d’électeurs déçus du macronisme.

En avançant « à la fin de l’année, pas avant » pour son programme, Bertrand s’offre un temps de latence stratégique. Il teste sa cote sans s’exposer, et laisse venir les défaillances des autres.

Reste à savoir si cette candidature hors-cadre tiendra jusqu’au printemps 2027 ou si elle finira par se heurter au mur habituel de la droite : la division.

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