XERACO, 29 août (Le Parisien Matin)Tadej Pogacar a quitté la Vuelta en ambulance ce samedi après-midi après une violente chute à 32,8 km de l’arrivée de la 8e étape reliant Puçol à Xeraco. Le maillot rouge et leader du classement général fut déséquilibré par un caillou sur la chaussée.

Une chute brutale en peloton

L’incident survint juste après le sprint intermédiaire de Simat de Valldigna, sur une portion plate roulée à vive allure et sans danger apparent. Le champion du monde fit un brusque écart vers la droite.

Les images d’Eurosport montrèrent un caillou sur sa trajectoire. Le texte source indiqua :

« Alors qu’il se trouvait dans le peloton, Tadej Pogacar semble avoir été déséquilibré et, après un petit écart, a percuté d’autres coureurs à côté de lui ».

Il passa par-dessus son guidon et « Le coureur a réalisé un soleil après le choc et s’est lourdement blessé en retombant ».

Prise en charge et abandon

Le Slovène resta assis plusieurs minutes au bord du tarmac, entouré des médecins et de son directeur sportif Joxean Fernández « Matxín ». Son visage présentait une plaie ouverte à l’arcade gauche.

Le constat fut immédiat :

« Le Slovène d’UAE Team Emirates-XRG avait l’épaule gauche en sang et le maillot rouge déchiré ».

Puis :

« En plus de l’épaule, son arcade gauche affichait elle aussi des traces de sang ».

Le staff intervint aussitôt. Selon le récit :

« Le staff médical est immédiatement intervenu pour le soigner. S’il est parvenu à se relever, le Slovène n’a pas tenté de remonter sur son vélo ».

Sonné et ensanglanté, il refusa le brancard, marcha vers l’ambulance le bras en écharpe avec un bandage compressif. Il fut transféré à l’hôpital pour des examens radiologiques.

L’événement fut résumé ainsi :

« Tadej Pogacar a été victime d’une violente chute lors de la 8e étape de la Vuelta. Le maillot rouge a dû quitter la course en ambulance, l’épaule gauche en sang ».

Un abandon historique

Ce fut le premier abandon de Pogacar sur un Grand Tour depuis ses débuts. Sa dernière retraite remontait à Liège-Bastogne-Liège en avril 2023 après une fracture du poignet.

Avant cette étape, il dominait la Vuelta avec trois victoires d’étapes et 3 minutes 50 d’avance au général. Son rêve de triplé historique s’acheva sur le tarmac valencien.

L’étape promise aux sprinteurs s’acheva par un sprint massif à Xeraco. Bryan Coquard (Cofidis) s’imposa devant Mads Pedersen et Jordi Meeus, victoire éclipsée par le drame. Enric Mas (Movistar Team) récupéra virtuellement la tête avant l’étape de montagne du lendemain.

Une chute qui redessine toute la Vuelta

Cet abandon n’est pas qu’un fait de course. C’est une rupture statistique et psychologique.

Pogacar n’avait jamais quitté un Grand Tour. Pas au Giro, pas au Tour, pas à la Vuelta. Le voir marcher jusqu’à l’ambulance, maillot en lambeaux, acte une première.

Sa dernière porte de sortie remontait à plus de trois ans. Cette invincibilité mécanique était devenue un argument tactique pour UAE : l’équipe pouvait courir en contrôle total, sans plan B. Cette assurance vient de s’effondrer sur un caillou.

Le détail du caillou interroge. Les images d’Eurosport montrent une chaussée balayée, une portion rectiligne, une vitesse élevée mais sans nervosité.

Ce type d’aléa, anodin pour un coureur du peloton, devient fatal pour un leader qui ne lâche jamais la roue. L’incident rappelle que la domination sportive ne protège pas de l’infrastructure.

La Vuelta, souvent critiquée pour ses bas-côtés non nettoyés en début de course, se retrouve exposée.

Sportivement, la course bascule. Avec 3 minutes 50 d’avance et trois étapes déjà en poche, Pogacar avait verrouillé l’épreuve.

Son retrait propulse Enric Mas, second par défaut, dans un rôle qu’il n’attendait plus. Movistar, qui courait pour une place sur le podium, hérite du maillot rouge à 24 heures d’une étape de montagne où chaque attaque sera désormais légitime.

Pour UAE Team Emirates-XRG, le coup est double. Perte du leader, mais aussi perte de la dynamique du triplé Tour-Giro-Vuelta, un objectif historique que l’équipe avait assumé publiquement. Le staff va devoir réinventer ses ambitions avec Almeida et Ayuso en électron libre, sans la locomotive qui aspirait la pression médiatique.

Enfin, l’image de Coquard levant les bras à Xeraco devant un public silencieux illustre la brutalité du cyclisme : une victoire d’étape française, attendue depuis des mois, totalement avalée par l’onde de choc d’un abandon.

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