PLYMOUTH, 6 septembre (Le Parisien Matin) – Les corps des deux pêcheurs bretons disparus après le naufrage du chalutier Maranello ont été retrouvés samedi au large de Plymouth, a annoncé le parquet de Saint-Brieuc. L’épave du navire, qui avait sombré le 29 août, avait été localisée en milieu de semaine.

Une opération rendue possible par la météo

Les recherches, suspendues par les garde-côtes britanniques en raison d’une mer agitée, ont pu reprendre grâce à une accalmie.

« Les conditions météo ont permis de reprendre les recherches aujourd’hui ».

A déclaré Alex Dehays.

Une première plongée de reconnaissance a validé la faisabilité de l’intervention dans la matinée.

« Après une première plongée ce matin ayant permis de repérer les lieux et d’apprécier la faisabilité de l’opération ».

A indiqué Alex.

Les plongeurs ont ensuite extrait les corps en fin de journée. Ils « ont pu remonter ce soir les corps des deux marins », a ajouté Alex Dehays. Il s’agissait du capitaine et du maître d’équipage.

Un naufrage survenu au large de Plymouth

Le Maranello, immatriculé à Saint-Brieuc et parti de Saint-Quay-Portrieux, avait émis un signal de détresse le 29 août au large de Plymouth. Il avait invoqué une avarie de moteur et des problèmes avec ses engins de pêche.

Un chalutier à proximité, le Stradale, avait secouru trois des cinq membres d’équipage avant que le Maranello ne coule. Les deux autres marins étaient portés disparus.

Un important dispositif avait été lancé par les autorités britanniques et avait pris fin lundi matin. Plusieurs navires de pêche français et un bâtiment de la Marine nationale y avaient pris part.

L’enquête judiciaire se poursuit pour établir les circonstances exactes.

« L’enquête, toujours confiée à la section de recherches de la gendarmerie maritime de Brest, bascule donc ce soir en enquête en recherche des causes de la mort ».

A précisé Alex Dehays.

Les investigations devront déterminer les causes de la mort des marins et les raisons techniques du naufrage.

Un drame qui relance les questions de sécurité en Manche

Au-delà du soulagement pour les familles, la découverte des corps marque un tournant judiciaire et humain. La Manche est l’une des zones les plus fréquentées au monde, où cohabitent pêche artisanale, trafic commercial intense et conditions météo changeantes.

Pour un chalutier de 15 mètres comme le Maranello, une avarie d’engins de pêche peut devenir fatale en quelques minutes.

Le fait que trois marins aient pu être sauvés par le Stradale, un autre navire breton présent à proximité, illustre la solidarité qui structure encore la flotte de Saint-Quay-Portrieux.

Mais il interroge aussi sur les délais d’intervention. L’arrêt des recherches britanniques lundi matin avait suscité l’incompréhension à terre, avant que la localisation de l’épave ne permette de relancer les plongées.

L’orientation vers une enquête en recherche des causes de la mort, confiée à la gendarmerie maritime de Brest, est classique dans les accidents mortels en mer.

Elle ne préjuge pas d’une faute, mais elle ouvre deux chantiers distincts : l’autopsie des victimes et l’expertise technique de la coque. Les enquêteurs devront comprendre si le chavirage est lié à un croche, à une voie d’eau ou à un déséquilibre provoqué par le chalut.

Pour la profession, ce naufrage ravive un traumatisme récurrent. Chaque année, les chalutiers bretons paient un lourd tribut, et la perte simultanée du patron et du maître d’équipage décapite un armement.

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