PARIS, 6 septembre (Le Parisien Matin) – Le Dr Stéphane Delajoux fit face à de nouveaux témoignages accablants révélés dimanche 6 septembre par Le Parisien. Trois patientes supplémentaires annoncèrent leur intention d’engager des poursuites contre le neurochirurgien, époux de Julie Andrieu, pour des complications graves survenues après des interventions.

De nouvelles patientes saisissent la justice

Trois témoignages s’ajoutèrent à une série déjà dévoilée en juin dernier par le quotidien. Une patiente faillit perdre l’usage de ses jambes après la pose d’une prothèse sur la mauvaise vertèbre.

Les deux autres affirmèrent avoir reçu des prothèses non sollicitées, à l’origine de problèmes de santé ultérieurs. Les trois femmes évoquèrent d’importantes séquelles persistantes.

L’une d’entre elles perçut désormais l’allocation aux adultes handicapés en raison d’une incapacité évaluée entre 50 % et 80 %. Une autre plaignante lança :

« Je veux juste qu’il arrête de saccager des gens ».

Une procédure pénale envisagée

L’avocate en charge de plusieurs dossiers dans cette affaire judiciaire prit la parole. Elle expliqua suivre des victimes présumées depuis plusieurs années.

« Depuis 2018, je suis régulièrement saisie par des personnes se disant victimes des agissements du Dr Delajoux. La convergence de leurs témoignages et la similitude des faits qu’elles relatent les conduisent aujourd’hui à envisager le dépôt conjoint d’une plainte pénale, pour mise en danger de la vie d’autrui ».

déclara Anne-Claire Le Jeune.

La juriste souligna la cohérence des récits recueillis. Une plainte collective pour mise en danger de la vie d’autrui fut envisagée.

Le nom du praticien, surnommé « chirurgien des stars », avait été médiatisé en 2009 après l’opération de Johnny Hallyday. Des complications étaient survenues après l’intervention et une polémique avait opposé le chirurgien à l’entourage du chanteur.

Une expertise médicale conclut alors à des manquements dans la prise en charge, sans retenir de lien de causalité direct avec les complications ultérieures.

Le neurochirurgien avait déjà été condamné à plusieurs reprises pour des erreurs médicales concernant d’autres patients.

Une condamnation pour escroquerie en 2002

En 2002, le tribunal correctionnel de Paris condamna le médecin à trois ans de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende pour faux et escroquerie.

L’affaire porta sur la mise en scène d’un accident et la présentation de fausses déclarations destinées à obtenir des indemnisations auprès d’assureurs.

Cette condamnation donna lieu à une sanction disciplinaire prononcée par l’Ordre des médecins. Le père d’Hadrien et Gaïa, ex-conjoint d’Isabelle Adjani, vit son passé judiciaire ressurgir avec les nouvelles accusations.

La mécanique d’une affaire qui s’enlise

Ce qui frappe dans le dossier Delajoux, ce n’est plus l’accident isolé, c’est la répétition. On passe du registre de l’erreur médicale, toujours possible en neurochirurgie, à celui d’un mode opératoire présumé. Prothèse posée au mauvais étage, matériel non demandé, patients qui décrivent la même bascule : une intervention pour soulager une douleur et une vie professionnelle qui s’effondre ensuite.

Le choix de l’avocate Anne-Claire Le Jeune de pousser vers une plainte collective pour mise en danger de la vie d’autrui est révélateur.

Ce n’est plus la voie ordinale ou la faute civile qui est visée, mais le pénal. En droit, cela suppose de démontrer non seulement un dommage, mais une prise de risque délibérée et persistante. La convergence des récits depuis 2018 devient alors une arme judiciaire.

Il y a aussi un angle que les premiers articles n’avaient qu’effleuré : la célébrité. Le surnom de « chirurgien des stars » a longtemps servi de bouclier médiatique.

Après l’affaire Hallyday en 2009, le narratif était celui d’un grand chirurgien attaqué par un clan. Aujourd’hui, le même surnom agit comme un boomerang.

Il interroge le système : comment un praticien condamné en 2002 pour faux et escroquerie, sanctionné par l’Ordre, déjà condamné pour des fautes médicales, a-t-il pu continuer d’opérer des pathologies aussi lourdes dans des cliniques privées parisiennes ?

Enfin, la dimension sociale des nouvelles plaignantes change la lecture. On ne parle plus de stars déçues, mais d’une femme qui vit de l’AAH avec 50 à 80 % d’incapacité.

Le préjudice n’est plus seulement médical, il est économique et existentiel. C’est ce qui rend le « Je veux juste qu’il arrête de saccager des gens » si audible. Ce n’est pas une demande d’indemnisation qui est formulée en premier, c’est une demande d’arrêt.

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