NOUMÉA, 7 septembre (Le Parisien Matin) – Le marathon de Nouvelle-Calédonie a été interrompu dimanche 6 septembre à Nouméa après la mort d’un coureur de 25 ans et une série de huit malaises graves survenus en moins d’une heure. L’information a été confirmée lundi par l’Agence France Presse de sources concordantes.
Les circonstances du décès
Le jeune homme, de nationalité calédonienne, participait à l’épreuve du semi-marathon. Il venait de franchir la ligne d’arrivée lorsqu’il s’est effondré à quelques mètres de la tente des secouristes. Il a été pris en charge immédiatement et a subi plus de trente minutes de massage cardiaque sans pouvoir être réanimé.
L’incident s’est produit dans le cadre de la 43e édition de l’épreuve, organisée à Nouméa. Le décès a été constaté par les équipes médicales présentes sur site.
Au total, huit participants ont été victimes de malaises suffisamment importants pour nécessiter une prise en charge médicale. Ces cas se sont concentrés sur une période d’environ trois quarts d’heure.
Quatre coureurs ont dû être évacués d’urgence vers le Médipôle, le centre hospitalier de référence. Selon l’organisation, les personnes concernées étaient des sportifs.
La situation a été qualifiée de « complètement unique » en 43 éditions du marathon, a déclaré Jérôme Troyat.
L’interruption de la course
Face à l’accumulation rapide des urgences, les services de secours ont été saturés. L’organisation a estimé que la sécurité des concurrents ne pouvait plus être garantie.
La décision d’arrêter définitivement l’ensemble des épreuves a été prise après concertation entre l’organisation et la maire de Nouméa. La course n’a pas repris.
Le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas, a annoncé l’ouverture d’une enquête en recherche des causes de la mort. Des expertises médico-légales ont été ordonnées.
Les causes de cette concentration inhabituelle de malaises restent indéterminées. La responsable des secours a évoqué un phénomène « multifactoriel », estimant que la chaleur, autour de 25°C au plus fort de la journée, a pu jouer un rôle.
Un signal d’alerte pour les courses en milieu tropical
Au-delà du drame humain, ce dimanche à Nouméa interroge. La Nouvelle-Calédonie n’est pas une terre novice en matière d’organisation : 43 éditions, un savoir-faire logistique, un public fidèle. Et pourtant, la machine s’est enrayée en 45 minutes.
Le premier facteur qui frappe, c’est la temporalité. Huit malaises graves concentrés sur trois quarts d’heure, ce n’est plus une succession de cas isolés, c’est une défaillance systémique. Les secours, dimensionnés pour des interventions échelonnées, se sont retrouvés saturés. La décision d’interrompre, prise avec la mairie, était la seule tenable.
Le second point est le profil des victimes. L’organisateur l’a martelé : ce n’étaient pas des coureurs occasionnels. Des sportifs entraînés, donc a priori préparés à l’effort. Cela écarte l’hypothèse simple de l’impréparation et pousse à regarder vers des causes environnementales ou physiologiques plus complexes.
25°C, ce n’est pas une canicule extrême sous ces latitudes. Mais en course, avec l’humidité, le rayonnement et l’effort prolongé, le ressenti est tout autre. Le terme « multifactoriel » employé par les secours résume bien l’équation actuelle : chaleur, hydratation, état de santé invisible, peut-être un virus circulant, peut-être un lot de compléments alimentaires. Seule l’enquête médico-légale pourra trancher.
Pour le monde de l’athlétisme français d’outre-mer, l’enjeu dépasse Nouméa. Faut-il renforcer les contrôles médicaux préalables, imposer des sas de récupération plus longs à l’arrivée, ou repenser les horaires de départ ? La 43e édition laissera une trace durable dans les protocoles de sécurité.


