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Mutare (Le Parisien Matin) 15 septembre 2026 – L’émergence de nouveaux gisements de lithium au pied de la montagne Njeza, dans le district de Mutare, transforme une zone agricole paisible en une nouvelle frontière minière au Zimbabwe. Plus d’un an après la découverte de ces réserves, le projet demeure opaque et génère de vives inquiétudes au sein des communautés ruralzimbabwees riveraines concernant la perte potentielle de leurs terres et de leurs ressources en eau. Dans d’autres régions du pays comme le district de Buhera, des projets similaires menés par des entreprises étrangères ont déjà provoqué des dégradations environnementales et des problèmes de santé publique signalés par les résidents.

Incertitude Foncier et Craintes des Communautés Rurales à Mutare

Les habitants des villages situés aux alentours de la montagne Njeza, dans le district de Mutare, expriment une inquiétude croissante face au développement de nouveaux projets d’extraction de lithium sur leurs terres agricoles. Réinstallés dans cette région au début des années 1980 dans le cadre de la première phase du programme de réforme agraire consécutif à l’indépendance du pays, ces agriculteurs font état d’un manque total de consultation préalable de la part des autorités et des promoteurs miniers.

Kwadzanai Nicholas Mukundidza, agriculteur établi dans la zone concernée, témoigne des appréhensions locales face à l’avancement des démarches minières. Selon ses déclarations, les résidents n’ont reçu aucune information officielle structurée concernant le périmètre précis du projet ou le calendrier des opérations. L’absence de dialogue direct avec les communautés rurales alimente les craintes quant à une possible éviction de leurs propriétés foncières, à la perte des pâturages collectifs ainsi qu’à l’altération des cours d’eau essentiels à l’irrigation et à la consommation.

L’Essor des Investissements Étrangers et les Pressions sur l’Environnement

La situation observée à Mutare s’inscrit dans un contexte national de développement rapide du secteur des minéraux critiques. Le Zimbabwe s’est imposé comme l’un des principaux producteurs de lithium du continent africain, attirant des investissements étrangers colossaux, principalement portés par des multinationales chinoises. Ces entités ont acquired des participations majoritaires dans plusieurs concessions stratégiques à travers le pays afin d’alimenter la chaîne d’approvisionnement mondiale en composants pour batteries et technologies de transition énergétique.

Toutefois, la concrétisation de ces investissements s’accompagne de tensions récurrentes avec les populations locales. Dans le district de Buhera, le projet minier de Sabi Star illustre les répercussions opérationnelles du secteur sur le milieu environnant. James Mupfumi, directeur de l’organisation non gouvernementale Centre for Research and Development, rapporte que l’élimination de substances chimiques associées aux opérations de traitement du minerai a entraîné une contamination des sources d’eau potable environnantes.

Enquêtes Parlementaires et Impact Sanitaire dans le District de Buhera

Les conséquences sanitaires de ces déversements ont fait l’objet d’enquêtes officielles. Le 12 juillet, le Comité parlementaire du portefeuille sur l’environnement, le climat et la faune a mené une mission d’information sur le site de Buhera. À cette occasion, des organisations communautaires telles que le Buhera Residents Network Trust ont déposé des témoignages oraux devant les parlementaires. Les déclarations des villageois affectés font état de pathologies gastro-intestinales et de troubles de la santé liés à la consommation d’eau polluée, la communauté de Tagarira étant identifiée comme la plus touchée par ces désordres sanitaires.

Outre la problématique des ressources hydriques, le transport logistique du minerai génère des nuisances environnementales continues. Selon les données fournies par les responsables communautaires, au moins 120 camions de 30 tonnes empruntent quotidiennement les pistes non bitumées du district pour acheminer le lithium extrait de Sabi Star vers les ports d’exportation de Beira et de Durban. Le passage ininterrompu de ces véhicules de grand tonnage sur un tronçon poussiéreux de 30 kilomètres reliant Tagarira à Gaza affecte directement six villages riverains, exposés de manière constante au soulèvement de poussières minérales.

Contraintes Sociopolitiques et Revendications des Acteurs Locaux

Le contexte sociopolitique entourant l’exploitation des ressources naturelles au Zimbabwe reste caractérisé par une marge de manœuvre restreinte pour la société civile. Bien que le gouvernement actuel ait annoncé des réformes économiques et institutionnelles lors de la transition politique de 2017, les acteurs communautaires, les journalistes et les défenseurs de l’environnement soulignent les difficultés d’exprimer publiquement leurs griefs face à des projets miniers soutenus par des structures étatiques ou des intérêts privés majeurs.

Les appréhensions exprimées à Mutare reflètent ainsi un schéma d’impacts socio-économiques déjà documenté dans d’autres provinces zimbabwéennes. Alors que les prospections se poursuivent au pied de la montagne Njeza, les agriculteurs locaux sollicitent l’établissement de garanties juridiques sur leurs titres de propriété et l’organisation d’évaluations d’impact environnemental indépendantes et transparentes avant tout démarrage des activités d’extraction.

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