À Casablanca, des découvertes de fossiles révèlent que nos ancêtres vivaient sur la côte atlantique et circulaient déjà entre l’Afrique et l’Europe bien avant l’histoire écrite. Cela signifie que l’humanité est encore plus vieille que nous le pensions.
Il y a près de 773 000 ans, des humains occupaient la côte atlantique du Maroc, bien avant les villes, les royaumes ou même le langage que nous connaisse. La Grotte à Hominidés du site de Thomas Quarry, à Casablanca, a livré les restes de deux adultes et d’un enfant d’environ 18 mois, ainsi que des dents, un fémur et plusieurs vertèbres désormais les plus anciens fossiles humains connus dans cette région. Leur âge a été déterminé grâce au paléomagnétisme, qui lit les inversions anciennes du champ magnétique terrestre, en particulier l’inversion Matuyama–Brunhes datée d’environ 773 000 ans.
« Ces fossiles montrent que l’histoire humaine au Maroc est bien plus ancienne que ce que l’on pensait », explique Jean-Jacques Hublin, paléoanthropologue et co-auteur de l’étude publiée dans Nature. « Chaque découverte nous rappelle que notre vision de l’évolution est fragmentaire et en constante révision. »
Les os racontent l’histoire de corps proches et en même temps différents des nôtres. Les mâchoires ne présentent pas de menton proéminent, mais les dents ressemblent à celles de populations plus modernes. Le volume crânien était plus petit, mais les individus étaient pleinement humains. Le contexte archéologique complète ce portrait : la grotte était en grande partie occupée par des carnivores, et le fémur d’un adulte porte des traces de morsures d’hyène. Pourtant, des centaines d’outils en pierre et des milliers d’ossements animaux montrent que les humains occupaient le lieu régulièrement, avec organisation et adaptation. « Ils avaient établi une présence durable dans un environnement partagé avec des prédateurs », note Marie Soressi, spécialiste en préhistoire.
Les premiers pas de l’humanité ont eu lieu près de la Méditerranée
Lorsqu’on compare ces découvertes avec les fossiles de Gran Dolina, en Espagne, datant de la même période, on reçoit une narrative méditerranéenne. Les ressemblances entre les deux découvertes suggèrent qu’ il y a près de 800 000 ans, des humains circulaient déjà entre l’Afrique du Nord et l’Europe, via le détroit de Gibraltar. « Le détroit n’était pas une barrière ; il servait de corridor naturel », précise Hublin. Une mobilité qui montre que les migrations entre continents ne sont pas un phénomène récent, surtout en méditerrané . C’est trop court pour en faire une sous-partie
Le Maroc est un endroit central pour comprendre notre humanité
Le Maroc et la région maghrébine confirme un rôle central en histoire humaine, avant ces découvertes, on avait les fossiles de Jebel Irhoud, datés d’environ 315 000 ans, qui avaient repoussé la présence des premiers Humains dans la région bien avant l’Éthiopie, considérée comme berceau principal. Ensemble, ces sites illustrent que le Maroc était un centre actif de peuplement et de circulation humaine : les populations ne restaient pas isolées, elles se déplaçaient et occupaient des territoires à travers le bassin méditerranéen.
Chaque découverte, comme celle de Casablanca, offre un aperçu concret de la vie humaine ancienne, les déplacements et de la capacité d’humains à s’adapter. Ces fossiles révèlent une humanité déjà active, mobile et connectée à travers la Méditerranée bien avant l’histoire écrite.


