SEWEN, 21 août (Le Parisien Matin) – Un homme de 30 ans originaire du Doubs a été héliporté en urgence absolue vers l’hôpital Émile-Muller de Mulhouse mercredi 19 août après avoir fait un arrêt cardiaque dans l’eau du lac d’Alfeld, où la baignade a depuis été interdite.

L’accident s’est produit en milieu d’après-midi alors que le site restait fréquenté malgré la baisse des températures. L’alerte fut donnée aux alentours de 15 h 30.

Un arrêt cardiaque dans l’eau

La victime se baignait avec des proches quand elle a perdu connaissance dans le lac.

A l’arrivée des secours, l’homme était inanimé.

Comme l’a rapporté Les Dernières Nouvelles d’Alsace :

« le trentenaire se trouvait en arrêt cardiorespiratoire à l’arrivée des secours ».

Selon Ici Alsace :

« Un homme de 30 ans a été transporté dans un hôpital de Mulhouse en urgence absolue mercredi 19 août après s’être noyé au lac d’Alfeld à Sewen (Haut-Rhin) ».

Une dizaine de sapeurs-pompiers furent dépêchés sur place.

Un gendarme du peloton de haute montagne de Hohrod et un médecin pompier intervinrent également.

Un ami de la victime réussit à l’extraire de l’eau avant leur arrivée.

L’hélicoptère Dragon 67 se posa à proximité pour évacuer le trentenaire vers Mulhouse.

Baignade désormais interdite

A la suite du drame, les autorités locales interdirent immédiatement la baignade dans le plan d’eau.

La mesure fut confirmée par la presse locale.

Comme l’indiqua Midi Libre :

« La baignade a été interdite au lac d’Alfeld, situé à Sewen dans le Haut-Rhin, suite à l’arrêt cardiorespiratoire d’un homme de 30 ans ».

Le site n’était pas surveillé et présentait des risques liés à sa configuration de montagne.

Des analyses évoquèrent également la présence de cyanobactéries toxiques juste avant l’accident.

Les contrôles des gardes champêtres et de la gendarmerie furent renforcés dans la vallée pour faire respecter l’interdiction.

Les secours relevèrent plusieurs interventions similaires à cette période de l’année.

Un homme fut pris en charge à Palavas-les-Flots quelques jours plus tôt.

Une fillette de 2 ans fut sauvée après un début de noyade à Alès et évacuée par hélicoptère vers le CHU de Nîmes après réanimation.

Pourquoi l’interdiction du lac d’Alfeld était inévitable

Le drame de Sewen n’est pas un accident isolé, il est le révélateur d’une faille française bien connue : la baignade sauvage en lac de montagne.

Le lac d’Alfeld coche toutes les cases du piège estival. A 620 mètres d’altitude, il offre une eau de surface trompeusement douce en août, mais des couches profondes qui restent à 10 ou 12 degrés.

Le choc thermique, l’hydrocution, est le scénario classique que les médecins urgentistes redoutent chaque été. Ajoutez une profondeur qui passe de 1 à 20 mètres en quelques brasses, aucune surveillance, aucun poste de secours, et vous obtenez un site magnifique mais structurellement dangereux.

L’autre facteur, plus insidieux, est celui des cyanobactéries. Leur présence, signalée avant même la noyade, transforme une interdiction de bon sens en impératif sanitaire.

Elles ne tuent pas par noyade, mais par intoxication. Les autorités se retrouvent donc avec un double risque juridique : laisser nager, c’est exposer la commune à une mise en cause pour carence si un autre accident survient.

L’arrêté d’interdiction n’est donc pas une réaction émotionnelle. C’est une régularisation. Dans les faits, la baignade y était déjà interdite par arrêté municipal ancien, mais tolérée par manque de contrôles.

L’hélicoptère Dragon 67 a simplement rendu visible ce que les gardes champêtres constataient depuis des années : les lacs vosgiens sont devenus des piscines à ciel ouvert sur Instagram, sans jamais en avoir les infrastructures.

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