GENÈVE, 28 juin (Le Parisien Matin) – Une vague de chaleur précoce et sans précédent frappe actuellement l’Europe, causant la mort de plus de 1 300 personnes depuis le 21 juin, selon les données communiquées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève.
Ce phénomène climatique extrême, qui se déplace progressivement vers l’est du continent, a fait voler en éclats de nombreux records de température nationaux.
Un bilan humain alarmant
La France a été particulièrement touchée par cet épisode caniculaire. Le ministère de la Santé a rapporté environ 1 000 décès supplémentaires entre le 24 et le 27 juin par rapport aux prévisions habituelles. Les autorités précisent que 85 % de ces victimes sont âgées de 65 ans et plus, soulignant une vulnérabilité accrue des aînés face à la hausse des températures nocturnes. En parallèle, les services de secours ont enregistré une augmentation de 40 % des décès survenus à domicile, tandis qu’au moins 55 personnes ont perdu la vie par noyade en tentant de se rafraîchir dans des zones non surveillées.
L’Espagne n’est pas épargnée, son système de surveillance de la mortalité MoMo ayant attribué 327 décès à la chaleur extrême sur une période de cinq jours. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a lancé un avertissement sévère sur la situation préoccupante du continent européen.
« L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement sur Terre, avec une vitesse deux fois supérieure à la moyenne mondiale », a déclaré le chef de l’OMS.
Records de chaleur en série
L’Allemagne a connu son jour le plus chaud jamais enregistré pour la troisième journée consécutive. Un relevé de 41,7 °C a été effectué à Coschen, dans l’État de Brandebourg. Cette hausse thermique généralisée a également conduit la République tchèque à battre son précédent record national avec 41,1 °C enregistrés à Doksany, au nord de Prague. La Pologne a suivi cette tendance extrême, la ville de Słubice atteignant pour la première fois de son histoire la barre des 40,5 °C.

Infrastructures sous haute tension
L’infrastructure européenne, historiquement conçue pour conserver la chaleur, se révèle inadaptée face à cette montée des températures. Les réseaux électriques sont sous forte pression, tandis que les infrastructures de transport subissent des dégâts matériels importants. La Deutsche Bahn a diffusé des avis de voyage en raison de la dilatation des rails, et plusieurs autoroutes ont dû être fermées après le soulèvement des revêtements en béton sous l’effet de la chaleur.
Les hôpitaux font face à un afflux massif de patients souffrant de déshydratation, de coups de chaleur et de complications cardiovasculaires. À Paris, les protocoles d’urgence ont été activés dans 38 établissements hospitaliers pour répondre à une hausse de plus d’un tiers des admissions en urgence. Par ailleurs, la baisse du niveau des cours d’eau, notamment le Danube et le Pô, contraint certaines centrales nucléaires à limiter leur production, le débit d’eau devenant insuffisant pour assurer leur refroidissement optimal.
Le rôle du changement climatique
Le groupe World Weather Attribution confirme qu’une telle intensité thermique aurait été virtuellement impossible sans l’influence du changement climatique provoqué par les activités humaines. Le blocage météorologique en « Oméga », qui piège l’air chaud au-dessus de la région, accentue les effets de ce réchauffement. L’OMS appelle désormais les États européens à déployer des plans d’action sanitaire robustes pour mieux protéger les populations contre les épisodes de chaleur extrême, désormais appelés à devenir plus fréquents.


