vendredi, 4 septembre Magazine

SAN FRANCISCO, 3 septembre (Le Parisien Matin)ChatGPT a été mis hors ligne le 3 septembre lors d’une panne majeure qui a paralysé des milliers d’utilisateurs à travers le monde. Il s’est agi de la deuxième défaillance significative en trois jours pour le service d’OpenAI, provoquée par des latences système, des requêtes gelées et des fenêtres de conversation vides.

Des comportements étranges signalés

Les visiteurs de la version web ont constaté des dysfonctionnements inhabituels. Le site a tenté à plusieurs reprises de télécharger un fichier inhabituel et a enfermé des utilisateurs dans des boucles de connexion continues. Sur les réseaux, des internautes ont ironisé sur le fait de devoir utiliser leur propre cerveau au travail.

La perturbation a lourdement affecté l’interface de discussion principale, le ChatGPT Work Mode, l’outil de programmation Codex et les API destinées aux développeurs. Les abonnés payants de ChatGPT Plus ont été particulièrement touchés, avec des prompts restés figés et des pages blanches.

La page de statut officielle a d’abord affiché des systèmes pleinement opérationnels. L’entreprise a ensuite reconnu faire face à des « taux d’erreur élevés » et a indiqué avoir identifié une piste de correction. Peu après, elle a déclaré qu’elle « connaît toujours une performance dégradée », selon OpenAI.

Une anomalie qui dépasse OpenAI

Des signalements similaires ont concerné d’autres assistants au même moment. Des utilisateurs ont rapporté des perturbations mineures et des délais de connexion chez Claude d’Anthropic et Grok de X, restées d’une ampleur moindre. Les plateformes de suivi comme Downdetector ont enregistré un pic de signalements en temps réel.

Cette deuxième panne en trois jours révèle autre chose qu’un simple bug passager. Elle expose la fragilité d’une infrastructure devenue centrale. Quand ChatGPT s’arrête, ce ne sont pas seulement des conversations qui se figent, ce sont des chaînes de production entières, des services clients, des outils de code et des applications tierces qui dépendent de ses API.

Le plus troublant reste le décalage entre la réalité vécue par les utilisateurs et la communication officielle. Pendant que les écrans restaient blancs et que les navigateurs tentaient de télécharger des fichiers suspects, la page de statut affichait encore un vert rassurant. Ce temps de latence dans la reconnaissance de l’incident nourrit la méfiance, surtout chez les abonnés payants qui financent directement la fiabilité promise.

Enfin, le fait que Claude et Grok aient vacillé au même moment pose une question de fond. S’agit-il d’une simple coïncidence, d’une congestion réseau partagée ou d’une dépendance commune à un fournisseur cloud ? L’intelligence artificielle a longtemps été présentée comme redondante et distribuée. Cette panne simultanée suggère l’inverse : un écosystème très concentré, où une seule défaillance peut provoquer un effet domino à l’échelle mondiale.

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