BAULMES, 3 septembre (Le Parisien Matin) – Le corps d’Aude Fagot, infirmière de 44 ans disparue depuis le 31 mai à Jougne (Doubs), a été retrouvé le 23 août par des promeneurs dans un bois de la commune suisse de Baulmes, de l’autre côté de la frontière franco-suisse.
La dépouille a été retrouvée pendue dans une zone escarpée du bois de Baulmes, à un endroit décrit comme dépourvu de chemins d’accès. Le ministère public du Nord Vaudois a été saisi après cette découverte. Les promeneurs ont donné l’alerte le jour même.
Identification et autopsie
Aucune identification formelle n’a pu être réalisée sur place, malgré un tatouage au cou semblable à celui que portait la disparue. Une expertise ADN a permis de confirmer qu’il s’agissait bien de son corps.
Une autopsie a été effectuée le 26 août, « dont les conclusions tendent à une mort par pendaison et ne mettent pas en évidence d’intervention d’un tiers », selon Cédric Logelin. Le parquet de Besançon a officialisé l’identité début septembre.
Résidant à Jougne, l’infirmière n’avait plus donné signe de vie depuis le dimanche 31 mai. Son véhicule avait été retrouvé vide le 4 juin dans la forêt de Jougne, à proximité immédiate de la frontière franco-suisse.
En juin, de nombreuses opérations de recherche avaient été organisées par la gendarmerie du Doubs, en collaboration avec la police judiciaire suisse, avec des battues citoyennes et l’engagement d’équipes cynophiles.
Le juge d’instruction français chargé de l’information judiciaire va désormais solliciter la communication officielle de l’enquête menée par les autorités judiciaires suisses.
« Des examens complémentaires ont été demandés par les autorités suisses ».
A précisé Cédric Logelin.
Leurs résultats n’étaient pas encore connus à ce jour.
Regard de la rédaction
Cette affaire illustre toute la complexité d’une disparition en zone frontalière. Entre Jougne et Baulmes, il n’y a que quelques kilomètres de forêt dense, mais deux systèmes judiciaires, deux polices et deux procédures distinctes.
Le fait que la voiture ait été retrouvée côté français et le corps côté suisse explique pourquoi les premières battues n’ont rien donné : les recherches s’étaient concentrées sur le versant français, alors que la zone escarpée et sans chemin de Baulmes est peu fréquentée, même par les randonneurs locaux.
L’identification par tatouage puis confirmation ADN, suivie d’une autopsie suisse dont les conclusions sont transmises via le parquet de Besançon, montre une coopération qui fonctionne, mais avec un temps de latence judiciaire inévitable.
Désormais, tout l’enjeu pour le juge français sera d’obtenir l’intégralité du dossier suisse pour clore l’information judiciaire, dans un dossier où la piste criminelle semble d’ores et déjà écartée.


