vendredi, 4 septembre Magazine

MÈZE, 3 septembre (Le Parisien Matin) – Une trottinette électrique capable d’atteindre 55 km/h a été interceptée par les gendarmes lors d’une opération menée dans le centre-ville. L’intervention visait les engins débridés et faisait suite à plusieurs signalements de riverains et d’élus locaux inquiets de vitesses excessives.

Des contrôles déclenchés par des riverains

L’opération a été conduite par la brigade territoriale autonome de Mèze, épaulée par l’escadron de gendarmerie mobile d’Aurillac et des membres de la réserve opérationnelle.

Le déploiement faisait suite à plusieurs alertes reçues dans la commune. Selon la source, « Des habitants et des élus locaux avaient notamment fait part de leurs inquiétudes face à certains comportements observés dans l’espace public ».

La source a précisé :

« Jusqu’à 55 km/h au guidon d’une trottinette : dans l’Hérault, les gendarmes ont renforcé leurs contrôles face à la circulation d’engins débridés ».

Six infractions et quatre engins saisis

Au terme de l’opération, six infractions au Code de la route ont été relevées. Quatre trottinettes électriques ont été saisies et placées en fourrière.

Pour trois d’entre elles, les vérifications ont révélé une absence d’assurance, pourtant obligatoire pour circuler avec ce type de véhicule.

Un cas a retenu l’attention des militaires. Comme le rapporte la source, « 55 km/h sur une trottinette électrique : c’est la vitesse que pouvait atteindre l’un des engins interceptés par les gendarmes lors d’une opération menée dans le centre-ville de Mèze », soit « 30 km/h au-dessus de la vitesse maximale autorisée pour un engin de déplacement personnel motorisé ».

Une vitesse bridée à 25 km/h par construction

Les trottinettes électriques sont classées parmi les engins de déplacement personnel motorisés, dits EDPM. Leur usage sur la voie publique est encadré par des règles précises.

Pour circuler légalement, un engin doit être bridé par construction à 25 km/h. Cette limite porte sur les capacités techniques de l’engin, et non seulement sur la vitesse instantanée du conducteur.

La source a rappelé que :

« Le débridage, qui consiste à modifier l’appareil pour lui permettre de dépasser ce seuil, rend son utilisation illégale sur la voie publique ».

Le conducteur de l’engin le plus rapide a écopé de 750 euros d’amende. Sa trottinette a été confisquée et placée en fourrière.

De manière générale, circuler avec un EDPM débridé expose à 1 500 euros d’amende, à la saisie immédiate et à la nullité de l’assurance en cas d’accident.

Pourquoi le phénomène explose

L’affaire de Mèze n’est pas un cas isolé, elle illustre une dérive nationale que les forces de l’ordre peinent à endiguer.

Le marché des trottinettes est devenu un terrain de contournement. Sur le papier, tous les engins vendus en France sont bridés à 25 km/h pour respecter la catégorie EDPM.

Dans les faits, une simple manipulation via une application, un boîtier à 30 euros acheté en ligne ou un tutoriel sur les réseaux sociaux suffit à libérer la puissance du moteur. Certains modèles passent ainsi de 25 à plus de 70 km/h.

Ce débridage pose trois problèmes majeurs. D’abord technique : les freins, le châssis et les pneus de ces engins sont conçus pour 25 km/h. À 55 km/h, la distance de freinage triple et une chute sans équipement devient potentiellement mortelle, pour le conducteur comme pour un piéton.

Ensuite juridique : une fois débridée, la trottinette ne relève plus des EDPM. Elle bascule dans la catégorie des cyclomoteurs, qui exige immatriculation, casque homologué, permis AM et assurance spécifique. Les utilisateurs l’ignorent souvent, jusqu’à l’accident.

C’est là que le piège de l’assurance se referme : en cas de sinistre avec un engin modifié, l’assureur constate la non-conformité et annule la garantie. Le conducteur paie alors seul les dégâts matériels et les frais médicaux.

Enfin, les communes sont en première ligne. Comme à Mèze, ce sont les maires et les riverains qui alertent. Les centres-villes piétons, où cohabitent trottinettes, vélos et piétons, sont devenus des zones de tension. Les opérations coup de poing comme celle de l’Hérault ont un effet dissuasif immédiat, mais elles restent ponctuelles face à un parc estimé à plus de 2,5 millions d’engins en circulation.

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