vendredi, 4 septembre Magazine

VAR, 3 septembre (Le Parisien Matin) – Un avion de chasse de type Rafale a franchi le mur du son ce jeudi 3 septembre peu après 14 heures, provoquant une puissante détonation qui a secoué une large partie du département. La préfecture du Var a confirmé qu’il s’agissait d’un appareil français, sans danger pour la population.

Une onde de choc de Draguignan au golfe de Saint-Tropez

Le phénomène s’est produit aux alentours de 14h15 / 14h20. Le double coup de canon caractéristique du bang supersonique a été ressenti sur un très large périmètre.

De Pignans à Saint-Raphaël, de Draguignan jusqu’au golfe de Saint-Tropez, des habitants ont signalé la déflagration. Le bruit a été particulièrement intense à Saint-Tropez, au Plan-de-la-Tour, à Vidauban, Sainte-Maxime, Cavalaire et Cogolin.

De nombreux habitants ont rapporté que le sol, les murs et les vitres ont fortement vibré.

Des appels aux gendarmes et une école évacuée par précaution

La détonation a suscité l’inquiétude. Les gendarmes ont reçu plusieurs appels d’habitants inquiets.

À Flassans-sur-Issole, le personnel de l’école est sorti du bâtiment afin de vérifier ce qui venait de se passer. Le bruit, semblable à celui d’une explosion, a surpris en plein début d’après-midi.

Comme l’a rapporté le témoignage repris dans la source :

« Un bruit assourdissant, des vitres qui vibrent et, pendant quelques instants, beaucoup d’interrogations ».

L’Armée de l’Air confirme un vol à haute vitesse

L’origine du bruit était aérienne. Un avion de chasse français a franchi le mur du son à très haute altitude, a confirmé la préfecture du Var.

L’Armée de l’Air et de l’Espace a indiqué qu’il s’agissait d’un Rafale engagé dans une mission habituelle de protection du ciel ou lors d’un exercice. L’appareil volait probablement à basse altitude, ce qui a expliqué l’intensité exceptionnelle de la déflagration au sol.

Lorsque l’appareil dépasse la vitesse du son, autour de 1.200 km/h selon les conditions d’altitude et de température, il génère une onde de choc. « c’est ce que l’on appelle le ‘bang supersonique’ », a rappelé la source.

Pourquoi ce bang a autant marqué le Var

Sur le papier, un franchissement du mur du son au-dessus du Sud-Est n’a rien d’exceptionnel. Les missions de police du ciel sont quotidiennes et les Rafale de la base d’Orange ou d’Istres interceptent régulièrement des aéronefs en perte de contact radio. Ce qui a rendu l’épisode du 3 septembre différent, c’est la conjonction de deux facteurs.

D’abord, l’altitude. L’Armée de l’Air évoque une haute altitude dans sa première communication, puis une basse altitude probable pour expliquer l’intensité.

Cette nuance est centrale : plus un avion est bas lorsqu’il passe Mach 1, plus l’onde de choc conserve son énergie jusqu’au sol. En été, avec une atmosphère chaude et dense au niveau de la mer, l’effet caisse de résonance est amplifié dans les vallées du centre Var et sur le littoral encaissé du golfe.

Ensuite, le contexte local. Début septembre, le Var est encore en haute saison touristique. La population est dense, dehors, et peu habituée aux exercices supersoniques qui, en temps normal, sont déroutés vers la Méditerranée. Une détonation sans annonce préalable est immédiatement interprétée comme une explosion ou un séisme.

La rapidité de la réponse de la préfecture et de la gendarmerie montre que le protocole est rodé, mais aussi que la sensibilité du public à ces bangs a évolué. Chaque événement devient un test de communication pour les autorités militaires.

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