NEW DELHI, 8 août (Le Parisien Matin) – Dassault Aviation a remis le 6 août 2026 à New Delhi une proposition technico-commerciale formelle pour la fourniture de 114 avions de combat Rafale dans le cadre du programme Multi-Role Fighter Aircraft (MRFA) de l’Indian Air Force.
L’offre, transmise selon une procédure de gouvernement à gouvernement, répondit à la Letter of Request émise par l’Inde en mai et visa à enrayer l’érosion capacitaire de la flotte de chasse indienne.
Une proposition record à 3,25 lakh crore
Le montant du paquet fut estimé par la presse indienne à environ 3,25 lakh crore de roupies, soit entre 34 et 39 milliards de dollars selon les conversions. Il s’agit de l’un des plus importants contrats de chasseurs jamais disputés à l’exportation.
La proposition fut transmise au ministère de la Défense pour évaluation commerciale finale. Elle marqua l’entrée officielle de la France dans la dernière ligne droite du MRFA, après des années de reports et l’annulation d’un précédent appel d’offres.
Un partage industriel entre France et Inde
Le schéma industriel prévit la livraison d’une première tranche de 18 à 20 appareils en état de vol depuis la France. Les 94 à 96 exemplaires restants seraient assemblés directement en Inde par un partenaire local.
Dassault proposa d’associer ses partenaires de premier rang, le motoriste Safran, l’électronicien Thales et le missilier MBDA, à des industriels indiens.
L’empreinte locale prit déjà forme à Hyderabad, où Tata Advanced Systems débuta la production de fuselages complets de Rafale.
Larsen & Toubro et d’autres groupes furent positionnés pour capter une part du marché. Les estimations indiennes chiffrèrent à plus de 1,6 lakh crore de roupies les retombées pour la chaîne d’approvisionnement domestique.
Selon Eric Trappier :
« Ce partenariat est une étape décisive dans le renforcement de notre chaîne d’approvisionnement en Inde. »

Le passage au standard F4
L’Inde exploita déjà 36 Rafale au standard F3R, livrés à partir de 2020 et répartis entre les bases d’Ambala et d’Hasimara. Les appareils proposés dans le cadre du MRFA évolueraient vers le standard nettement plus avancé F4.
Ce standard intégra un radar AESA de nouvelle génération et une suite de guerre électronique d’autoprotection renforcée. Il offrit des capacités accrues en détection, en brouillage et en connectivité réseau.
Avec 114 avions supplémentaires, la flotte totale de Rafale indienne atteindrait 176 appareils à l’issue des livraisons.
Une flotte à bout de souffle
L’acquisition fut présentée comme une mesure d’urgence opérationnelle. L’Indian Air Force ne disposa plus que d’environ 30 escadrons de chasse actifs, pour un effectif autorisé de 42 escadrons.
L’écart se creusa chaque année avec le retrait des MiG d’origine soviétique et les retards des programmes indigènes LCA Tejas Mk1A et Mk2.
Face à des voisins équipés de chasseurs furtifs et de quatrième génération modernisés, l’IAF ne put attendre la maturité d’un nouvel appareil national.
La création d’un second pôle industriel Rafale hors de France fut présentée comme un objectif stratégique pour Paris. Le dirigeant de Dassault estima qu’un contrat de cette ampleur pourrait être signé avant la fin 2026.
Les points durs de la négociation
Le dossier fut transmis à l’Acquisition Wing du ministère de la Défense. Les négociateurs examinèrent deux axes techniques sensibles.
Le premier porta sur l’indigénisation et le transfert de technologie. L’Inde poussa pour faire passer la part de composants locaux d’environ 30 % au début de la production à plus de 60 % à mesure que la ligne monta en cadence.
Le second concerna l’intégration d’armements. New Delhi exigea que les cellules soient configurées pour emporter ses systèmes nationaux, notamment les variantes du missile air-air Astra.
Les premières indications suggérèrent que la France compta conserver la garde propriétaire du code source du radar central.


