PARIS, 7 août (Le Parisien Matin) – Le taux de chômage en France s’est établi à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, selon les chiffres publiés vendredi par l’Insee. Le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail a progressé de 62 000 sur le trimestre pour atteindre 2,7 millions de personnes.
Il s’est agi du plus haut niveau en près de six ans, un niveau qui n’avait plus été vu depuis l’automne 2020, en pleine pandémie de Covid-19. Hors cette période exceptionnelle, le taux a atteint son plus haut depuis le troisième trimestre 2019.
Le taux a augmenté de 0,2 point par rapport au premier trimestre. Sur un an, la progression a atteint 0,7 point.
L’Insee a précisé que le taux restait inférieur de 2,2 points à son pic de mi-2015. L’institut a indiqué que les données incluaient désormais Mayotte, avec un ajustement des séries antérieures.
Ce changement de périmètre n’a eu qu’un effet limité, avec une légère hausse du taux sans modifier la tendance, selon Insee.
Les jeunes particulièrement touchés
La hausse a concerné toutes les tranches d’âge, mais les 15-24 ans sont restés les plus affectés. Leur taux a progressé de 0,4 point à 21,6 %.
Chez les 25-49 ans, il a grimpé à 7,5 %, son plus haut depuis début 2021. Pour les 50 ans et plus, il a atteint 5,5 %, un plus haut depuis le premier trimestre 2022.
Le chômage de longue durée a concerné 671 000 personnes, en hausse de 36 000 sur le trimestre. Le taux des femmes a atteint 8,2 %, celui des hommes est resté stable à 8,5 %.
L’Insee a mis en avant les effets de la « loi pour le plein emploi », entrée en vigueur en janvier 2025. Le texte a prévu l’inscription automatique des bénéficiaires du RSA à France Travail.
Les allocataires du « revenu de solidarité active » et les jeunes de 15 à 29 ans ont représenté près de la moitié de l’augmentation depuis la réforme, selon Insee.
Cette bascule a mécaniquement fait entrer des milliers de personnes dans le comptage des demandeurs d’emploi suivis.
1,9 million de personnes en marge du marché
Au-delà des chômeurs au sens du BIT, 1,9 million de personnes ont déclaré vouloir travailler sans être comptabilisées comme chômeuses, faute de recherche active ou de disponibilité immédiate.
L’Insee a décrit ce groupe comme le « halo autour du chômage ». Son effectif n’a progressé que de 6 000 personnes sur le trimestre.
Ce halo a représenté 4,4 % des 15-64 ans, avec une proportion nettement plus élevée chez les jeunes.
La hausse a reflété un contexte dégradé. La production manufacturière a reculé de 1,1 % en juin, sous l’effet de la hausse des coûts énergétiques liée à la guerre impliquant l’Iran.
Les entreprises ont gelé leurs recrutements face à l’incertitude politique et à la consolidation budgétaire. Les embauches dans le privé ont stagné, avec une légère contraction de 0,1 %.


