La Bourse de Paris connaît ce jeudi 28 août une embellie après plusieurs jours compliqués. L’indice phare, le CAC 40, gagne près de 1% en matinée et se situe autour de 7 830 points. Cette hausse permet d’effacer une partie des lourdes pertes accumulées en début de semaine, lorsque l’instabilité politique française avait refroidi les investisseurs. Mercredi déjà, le marché avait timidement rebondi, avec une progression de 0,44%, mais la séquence restait marquée par une glissade de plus de 3% lors des deux premières séances.
En comparaison avec d’autres grandes places financières, Paris fait figure de retardataire. Depuis le début de l’année, le CAC 40 ne progresse que d’environ 5%, contre plus de 20% pour le DAX allemand. Une différence qui s’explique autant par la solidité économique d’outre-Rhin que par les incertitudes politiques en France, qui se reflètent immédiatement sur le comportement des investisseurs.
L’ombre de la politique sur le CAC 40
Les opérateurs financiers suivent de très près la situation du gouvernement Bayrou. La difficulté à instaurer une trajectoire budgétaire claire sème les doutes quant à la capacité de la France à contenir sa dette. Conséquence directe : les taux d’emprunt de l’État français montent. Ce jeudi, le rendement des obligations à dix ans s’établit à 3,48 %, quand celui de l’Allemagne reste limité à 2,69 %. L’écart entre les deux, déjà large, atteint son plus haut niveau depuis sept mois.
Cet écart de rendement est surveillé comme un signal de défiance. Si la France emprunte plus cher que ses voisins les mieux notés, c’est parce que les investisseurs estiment le risque plus élevé. La comparaison avec l’Italie est encore plus révélatrice : longtemps perçue comme la lanterne rouge de la zone euro, la péninsule affiche aujourd’hui un taux à dix ans de 3,54 %, à peine au-dessus de la France.
Un vote de confiance très attendu
Le regard des marchés est tourné vers le 8 septembre. Ce jour-là, l’Assemblée nationale se prononcera sur la confiance accordée au gouvernement Bayrou. L’incapacité de ce dernier à faire adopter les réductions budgétaires annoncées inquiète fortement les investisseurs, qui redoutent une instabilité prolongée. Chaque déclaration, chaque rumeur et chaque signal venant de Paris se répercute immédiatement sur la courbe des taux et sur le comportement du CAC 40.
De l’autre côté, l’Asie et Wall Street
Pendant que le CAC 40 peine à rassurer, d’autres marchés affichent une dynamique plus sympathique. Aux États-Unis, Wall Street poursuit son ascension. Après une période de doutes liée à la politique commerciale erratique de Donald Trump, les grands indices new-yorkais sont repartis vers de nouveaux sommets. L’indice S&P 500 a même signé un nouveau record de clôture mercredi soir, confirmant l’appétit des investisseurs pour les valeurs technologiques et industrielles.
En Asie, plusieurs bourses profitent également d’une conjoncture favorable, portée par des exportations solides et des devises relativement stables. Dans ce contexte, Paris apparaît en retrait, davantage préoccupée par ses problèmes politiques internes que par l’élan global.
Nvidia, Pernod Ricard et Rémy Cointreau au cœur de l’actualité
Les résultats des entreprises influencent aussi l’humeur des marchés. Aux États-Unis, le géant Nvidia a publié des chiffres record pour son deuxième trimestre, ce qui confirme son rôle central dans la révolution de l’intelligence artificielle. Ces annonces renforcent encore la tendance haussière des marchés américains.
À Paris, ce sont les valeurs liées aux spiritueux qui tirent leur épingle du jeu. Pernod Ricard s’envole de plus de 5% en bourse, après avoir dévoilé des résultats annuels légèrement supérieurs aux attentes pour son exercice décalé 2024/2025. Rémy Cointreau suit le mouvement, avec un gain de plus de 2%. Ces progressions permettent de redonner un peu de couleur à la cote parisienne, même si elles ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes sur l’avenir politique du pays.
Les investisseurs suspendus aux prochains chiffres économiques
La journée de jeudi ne s’arrête pas au rebond du CAC 40. Les regards se tournent aussi vers les États-Unis, qui publieront dans l’après-midi leur produit intérieur brut du deuxième trimestre. Ce chiffre donnera une indication précieuse sur la résistance de la première économie mondiale. Vendredi, ce sera au tour des données sur l’inflation américaine de juillet de retenir l’attention, un indicateur clé pour la Réserve fédérale, dont les décisions de politique monétaire influencent l’ensemble des marchés mondiaux.


