PARIS, 23 juillet (Le Parisien Matin) – Le gouvernement français vient de claquer la porte au logiciel Full Self-Driving de Tesla. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a annoncé ce mercredi que la France s’oppose à l’homologation du Tesla FSD dans l’Union européenne dans sa forme actuelle, en raison de graves inquiétudes sur la sécurité routière.
Cette prise de position marque un tournant. Il s’agit du premier rejet public par un gouvernement de l’UE de l’initiative menée par les Pays-Bas pour faire autoriser la technologie sur tout le continent.
Dans sa déclaration, Philippe Tabarot a pointé deux failles majeures : les risques liés aux excès de vitesse et à l’inattention du conducteur.
« En France, nous considérons que, si ce système apporte un certain nombre d’avancées technologiques, les compromis en matière de sécurité ne sont pas encore suffisants pour justifier une autorisation dans sa forme actuelle »
A-t-il déclaré. Le ministre a ajouté que d’autres pays européens partageraient ces réserves, sans toutefois les nommer. Selon Reuters, la Suède pourrait également s’opposer au projet dès le mois de juin.
Le Tesla FSD est un système d’aide à la conduite capable d’accélérer, de freiner et de braquer seul, tout en exigeant que le conducteur reste vigilant et prêt à reprendre le contrôle. L’autorité routière néerlandaise RDW l’a approuvé à titre provisoire en avril sur les routes des Pays-Bas, entraînant dans son sillage la Belgique, le Danemark, l’Estonie et la Lituanie.
Ces autorisations nationales anticipent un possible vote à l’échelle du bloc prévu cet automne. Contactée jeudi, la RDW n’a pas souhaité commenter la décision française.
La réaction de Tesla ne s’est pas fait attendre. Sur son réseau X, le patron du constructeur Elon Musk a vivement critiqué la position française.
« Retarder l’approbation du FSD en France coûtera des vies »
A-t-il écrit. Pour l’entreprise américaine, le logiciel représente un argument de vente majeur et une source de revenus cruciale, alors que ses immatriculations en Europe amorcent une reprise après une année difficile.
Malgré ce blocage, le dialogue reste ouvert. Philippe Tabarot a assuré que la France poursuivait les discussions techniques avec les Pays-Bas et les autres États membres. L’objectif affiché est d’obtenir des garanties supplémentaires sur la surveillance du conducteur et le respect des limitations de vitesse avant d’envisager un feu vert européen.


