PARIS, 6 juillet (Le Parisien Matin) – Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a annoncé le retrait total de tous les diplomates français stationnés au Burkina Faso. Cette décision fait suite à la rupture unilatérale des relations diplomatiques décidée par le gouvernement militaire burkinabè. Les personnels de l’ambassade de France à Ouagadougou ont définitivement quitté le territoire national en fin de semaine dernière pour regagner la France.
Le ministère français des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires du Burkina Faso à Paris au début de la semaine dernière. Les autorités françaises ont notifié au personnel diplomatique burkinabè l’obligation de quitter le territoire européen avant le lundi soir 6 juillet. Cette mesure répond directement à l’expulsion préalable des conseillers politiques français par les autorités de Ouagadougou.
La rupture définitive fait suite à des accusations de déstabilisation portées par la junte militaire contre les équipes civiles françaises. Le gouvernement de transition burkinabè a ordonné la fin immédiate de toutes les fonctions institutionnelles de la représentation française dans la capitale. Les diplomates français ont finalisé leur évacuation sous la supervision du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
La junte militaire, dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré, âgé de 38 ans, accuse la France de nourrir des ambitions néocoloniales. Les autorités de Ouagadougou affirment également que Paris soutient des réseaux subversifs régionaux et maintient un activisme incessant contre les intérêts burkinabè.
Le ministère français des Affaires étrangères conteste l’intégralité de ces déclarations publiques. Les autorités françaises qualifient ces accusations d’hostiles, d’infondées et de mensongères.
« Nous regrettons cette décision hostile et infondée, qui illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabè », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.
Le gouvernement militaire du Burkina Faso affirme de son côté que cette rupture institutionnelle n’affecte pas les relations directes entre les populations des deux pays. La junte continue d’appliquer une politique de répression systématique contre les voix critiques à l’intérieur de ses frontières nationales.
Les relations politiques entre l’État ouest-africain et l’ancienne puissance coloniale traversent une crise majeure. Cette dégradation permanente a débuté immédiatement après le coup d’État militaire de septembre 2022 qui a porté le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir.
Le gouvernement militaire burkinabè avait déjà exigé le rappel de l’ambassadeur de France à Ouagadougou, Luc Hallade, au cours de l’année 2023. Les autorités de la transition ont ensuite résilié l’ensemble des pactes de défense historique qui liaient les deux nations depuis plusieurs décennies.
Le Burkina Faso a ordonné le retrait complet des centaines de soldats français déployés sur son territoire national. Ces troupes militaires françaises participaient activement à la lutte contre les groupes jihadistes armés. Ces organisations terroristes mènent des attaques meurtrières de grande ampleur dans toute la région depuis une décennie.
L’administration militaire de Ouagadougou applique une stratégie de rupture idéologique complète avec l’ensemble des partenaires occidentaux traditionnels. Le pays a choisi de réorienter sa politique étrangère et ses alliances de sécurité. Le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré développe de nouveaux partenariats géopolitiques étroits avec la Russie, la Turquie et l’Iran pour assurer sa protection militaire.


