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Home»L'Union Européenne»L’UE ordonne à la France de modifier sa loi interdisant les réseaux sociaux
L'Union Européenne

L’UE ordonne à la France de modifier sa loi interdisant les réseaux sociaux

Priya SaifPar Priya Saiflundi, 06 juilletAucun commentaire4 Min Temps de lecture
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La Commission européenne examine la loi interdisant les réseaux sociaux
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BRUXELLES, 6 juillet (Le Parisien Matin) – La Commission européenne a formellement rendu lundi un avis officiel indiquant que le projet de loi français visant à interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans n’est pas pleinement compatible avec les règles de l’Union européenne.

Selon les informations transmises par des sources proches du dossier, l’exécutif européen souligne que ce texte de loi empiète directement sur l’autorité réglementaire de Bruxelles.

Un texte non conforme aux règles européennes

D’après le document officiel de la Commission européenne, les règles structurelles et l’application en ligne pour les grandes entreprises technologiques relèvent exclusivement du règlement sur les services numériques. Cette législation européenne, connue sous le nom de Digital Services Act, encadre déjà de manière stricte et complète les pratiques des plateformes sur l’ensemble du territoire communautaire.

« Nous partageons pleinement l’objectif des autorités françaises : les mineurs doivent être mieux protégés en ligne », a déclaré le porte-parole de l’Union européenne Thomas Regnier à l’AFP.

Le porte-parole a également précisé que la France a représenté un moteur important dans le lancement de ce débat de société à l’échelle européenne.

Selon les explications fournies par Thomas Regnier, l’institution cherche avant tout à minimiser la fragmentation des différents systèmes nationaux au sein du marché unique. L’exécutif européen basé à Bruxelles redoute que cette dispersion ne crée une insécurité juridique majeure ou ne vienne affaiblir l’efficacité de l’application globale des lois.

D’après les analyses des services de l’Union européenne, ces difficultés de conformité proviennent des modifications apportées au texte initial par le Sénat français. La version d’origine validée par l’Assemblée nationale était jugée conforme, mais les altérations des sénateurs ont franchi les limites de la compétence législative européenne.

Le calendrier français fortement perturbé

Selon les règles de procédure strictes imposées par l’Union européenne, le projet de loi ne pourra pas être officiellement approuvé avant la date du 10 août 2026. Ce délai réglementaire vient bousculer le calendrier fixé par le président de la République Emmanuel Macron pour la mise en œuvre de cette réforme.

Le chef de l’État français avait exigé une procédure accélérée afin que l’interdiction puisse entrer en vigueur dès la rentrée scolaire de septembre 2026.

Cet objectif gouvernemental se trouve désormais compromis et sous une très forte pression suite à l’intervention des autorités de Bruxelles.

Pour résoudre ce conflit juridique, les parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat devront se réunir prochainement au sein d’une commission mixte paritaire. Ce comité aura pour mission de réécrire le projet de loi afin de supprimer les éléments litigieux et de le rendre compatible avec le droit européen. La Commission européenne rappelle qu’elle dispose déjà d’un arsenal juridique renforcé pour s’attaquer aux contenus en ligne dangereux pour les enfants.

En vertu de cette législation, Bruxelles exerce une surveillance active, interdisant notamment les publicités ciblées basées sur les données des mineurs. L’exécutif européen possède le pouvoir exclusif de réclamer des modifications structurelles immédiates et d’infliger de lourdes amendes financières aux plateformes en cas de violation.

La Commission européenne justifie pleinement son action réglementaire par ses procédures d’enquête en cours contre TikTok, Facebook et Instagram pour vérifier la sécurité des mineurs. Bruxelles avait ainsi ordonné de manière inédite en février à TikTok de modifier son design addictif sous peine de sanctions, avant d’épingler Meta en avril pour l’accès des moins de 13 ans.

Une réglementation mondiale en expansion

Cette demande de modification intervient au moment où une vague mondiale de restrictions sur l’usage des plateformes par les jeunes se propage.

L’Australie est devenue la première nation au monde à interdire l’accès aux mineurs de moins de 16 ans, imitée le mois dernier par le Royaume-Uni.

Face à ces initiatives, la Commission européenne explore la possibilité de déployer une restriction harmonisée à l’échelle de l’ensemble de l’alliance.

La présidente de l’institution Ursula von der Leyen a confié cette étude à un groupe d’experts qui remettra ses conclusions le 13 juillet 2026.

La dirigeante a déjà manifesté son soutien à une limitation et présentera ses propositions lors de son discours sur l’état de l’Union le 16 septembre 2026.

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