BRUXELLES, 5 juillet (Le Parisien Matin) – La Commission européenne a lancé des négociations urgentes avec les gouvernements nationaux pour empêcher que le nouveau système biométrique de vérification aux frontières ne provoque des retards aéroportuaires majeurs pour les vacanciers tout au long de la période estivale.
L’exécutif européen intervient pour coordonner les actions nationales après une vague de contestations de l’industrie aéronautique face à l’allongement critique des files d’attente.
Ce dispositif numérique, appelé système d’entrée/sortie (EES), remplace définitivement le tamponnage physique des passeports pour tous les voyageurs originaires de pays extérieurs à la zone Schengen. Le processus impose désormais aux passagers concernés d’enregistrer leurs empreintes digitales ainsi que leurs scans faciaux lors de leur première présentation au contrôle frontalier.
Les dysfonctionnements techniques et le manque d’effectifs locaux ralentissent fortement les hubs à fort trafic. Le temps de traitement par voyageur est passé de vingt secondes à quatre-vingt-dix secondes, provoquant des attentes de deux à cinq heures dans plusieurs terminaux majeurs.
En Espagne, des engorgements sévères touchent les aéroports touristiques de Tenerife Sud, Palma de Majorque, Alicante et Malaga. Les autorités aéroportuaires de Berlin font état d’attentes régulières de deux heures dans les zones d’enregistrement des transporteurs à bas coûts, tandis que Lisbonne, Milan Bergame, Milan Linate et Paris Beauvais subissent des ralentissements similaires.
Les associations professionnelles comme ACI Europe, Airlines for Europe et l’IATA s’inquiètent de voir des avions décoller à moitié vides car les passagers restent bloqués aux contrôles. Des transporteurs comme Ryanair ont exigé la suspension complète de la plateforme jusqu’en septembre, mais Bruxelles maintient l’obligation du programme tout en activant des clauses de sauvegarde.
Les capitales disposent du droit légal de suspendre temporairement la collecte des données biométriques en cas de circonstances exceptionnelles afin de désengorger les zones douanières. Le commissaire européen chargé des Affaires intérieures, Magnus Brunner, a précisé que ses équipes travaillent avec les États membres pour résoudre les failles informatiques et les manques d’infrastructures.
Certains pays augmentent leurs ressources humaines, à l’image du gouvernement portugais qui a déployé des centaines de policiers frontaliers supplémentaires dans ses terminaux. Parallèlement, des compagnies aériennes comme Wizz Air diffusent des recommandations pour inciter les clients à modifier leurs habitudes de déplacement.
Les voyageurs doivent se présenter à l’aéroport au moins trois heures avant l’embarquement et réserver des itinéraires intégrant de longues correspondances pour éviter de rater un transfert. Les opérateurs conseillent également d’emporter des chargeurs portables et des bouteilles d’eau, les files d’attente s’étendant fréquemment à l’extérieur des bâtiments. Depuis son lancement obligatoire le 10 avril, le système a bloqué 43 728 personnes, dont 16 383 sans motif valable et 400 munies de documents falsifiés.


