BORDEAUX, 26 juillet (Le Parisien Matin) – Les pompiers livraient ce dimanche une bataille décisive contre les flammes qui menacent la métropole girondine. Dans un Sud-Ouest écrasé par une canicule exceptionnelle, les incendies ont progressé jusqu’aux portes des faubourgs, poussant les autorités à multiplier les évacuations préventives pour protéger la population et sécuriser les axes routiers saturés par les départs.
Le feu se rapproche dangereusement du cœur urbain. Selon les autorités locales, les flammes ne seraient plus qu’à une quinzaine de kilomètres des entrées principales de la ville, une distance jugée critique par les secours mobilisés jour et nuit.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a qualifié la situation générale de difficile, tandis que les équipes au sol tentent de contenir plusieurs foyers attisés par un vent soutenu et une sécheresse historique. Bordeaux, carrefour logistique majeur et porte d’entrée vers les stations balnéaires de la côte atlantique, voit son activité fortement perturbée par la progression des incendies et les fumées épaisses.
Depuis le début de la semaine, les autorités ont déjà procédé à l’évacuation de 220 000 personnes dans le Sud-Ouest, notamment autour du Cap Ferret, destination estivale très prisée du bassin d’Arcachon. Le parc des expositions de Bordeaux Lac a été réaménagé en centre d’hébergement d’urgence où des familles, dont de nombreux enfants, trouvent refuge dans des conditions précaires. Face à l’ampleur du sinistre, la solidarité s’organise sur tous les fronts.
Des agriculteurs locaux sont venus spontanément prêter main forte aux soldats du feu avec tracteurs et tonnes à eau pour créer des pare-feux et sauver les habitations.
« Nous sommes venus donner un coup de main parce que si c’était notre région, nous voudrions que les autres fassent pareil »
A confié un agriculteur engagé sur le front.
Cette flambée d’incendies s’inscrit dans un épisode de chaleur intense qui touche une grande partie du continent. L’Espagne a décrété l’état d’urgence nationale après un feu meurtrier près de Valence ayant coûté la vie à un homme âgé.
En Aquitaine, le thermomètre affiche des valeurs inédites qui inquiètent les climatologues. Le mois de juillet enregistre une moyenne de 32,2 degrés, soit 7,3 degrés au dessus des normales saisonnières relevées entre 1961 et 1990. Une anomalie climatique qui assèche les sols, fragilise les vignobles réputés de la région et complique le travail des pompiers, confrontés à une végétation extrêmement inflammable et à des réserves en eau au plus bas.


