MIAMI, 31 août (Le Parisien Matin)Lionel Messi a annoncé lundi sa retraite de l’équipe nationale d’Argentine à 39 ans, après la finale de la Coupe du monde perdue contre l’Espagne et le décès de son père Jorge. Il l’a officialisé via un message publié sur Instagram.

Une décision mûrie depuis juillet

Le capitaine révéla avoir rédigé son texte dès le 21 juillet, deux jours après la défaite 1-0 après prolongation face à l’Espagne en finale disputée en Amérique du Nord.

Messi a écrit :

« Après le temps qui s’est écoulé depuis la finale, et après avoir beaucoup réfléchi, je veux faire savoir à tout le monde que je prends ma retraite de l’équipe nationale ».

Il évoqua la douleur de ce choix. Messi a ajouté :

« C’était une décision qui a fait mal – et qui fait toujours mal au plus profond de moi – mais je comprends que le moment est venu ».

Il assura avoir tout donné pour le maillot, y compris avant les titres récents.

Le deuil qui confirme le départ

La mort de Jorge Messi, son père et agent, le 8 août, a pesé dans sa décision. Pilier depuis Rosario jusqu’à Miami, il accompagna chaque étape majeure, dont le sacre de 2022.

Messi avait alors partagé son désarroi. Messi a confié :

« Je ne sais pas ce que je vais faire sans toi, je ne sais pas comment continuer. Je n’ai fait que jouer au football et maintenant j’ai pas mal de doutes sur le fait de continuer encore longtemps ».

Dans son message de retraite, il indiqua que ce drame le rendit encore plus convaincu de s’arrêter pour laisser place à une nouvelle génération.

Messi quitte la sélection comme le plus capé et meilleur buteur de son histoire avec 207 apparitions et 125 buts.

Il remporta la Coupe du monde 2022 et deux Copa América en 2021 et 2024. Il fut finaliste du Mondial en 2014 et 2026 et de la Copa América en 2007, 2015 et 2016. Il fut élu meilleur joueur du Mondial en 2014 et 2022 et de la Copa América en 2015 et 2021.

Il conclut par un hommage. Messi a écrit :

« Merci, mon Dieu, de m’avoir fait Argentin ».

Lionel Messi soulevant le trophée de la Coupe du monde 2022 avec le maillot de l'Argentine

Une dernière Coupe du monde portée à bout de bras

Malgré la finale perdue, il porta l’Argentine lors de sa sixième Coupe du monde. Il termina avec 8 matchs, 741 minutes, 8 buts, 4 passes décisives, 24 occasions créées, 16 tirs cadrés et 20 fautes subies.

Il fut décisif contre l’Égypte et l’Angleterre en phase à élimination directe avant de disputer 120 minutes en finale.

Il reconnut ses limites après le match. Messi a confié :

« Mes jambes ne pouvaient plus suivre. Cette fois, j’ai essayé de me pousser au-delà de mes limites physiques, mais je n’ai pas pu ».

L’annonce provoqua une vive émotion chez ses coéquipiers. Enzo Fernández lui rendit hommage.

Enzo Fernández a déclaré :

« défendu ces couleurs avec fierté, humilité et engagement ».

Plusieurs joueurs saluèrent vingt ans de service et évoquèrent la fin d’une ère sublime.

La suite en club

Messi poursuit en club aux États-Unis, où son contrat avec l’Inter Miami CF court jusqu’en 2028.

Il s’adressa aux supporters. Messi a écrit :

« Je vais tellement regretter de vous entendre depuis le terrain. Maintenant je serai juste l’un de vous, à encourager et à soutenir de l’extérieur (dans les bons comme dans les mauvais moments – surtout les mauvais) ».

Il remercia ses proches pour ce voyage si beau et si difficile et dit emporter des souvenirs inoubliables.

La retraite internationale de Lionel Messi n’est pas une surprise sportive, c’est une fin de cycle émotionnelle. À 39 ans, il part au moment exact où son corps a dit stop, après 120 minutes en finale mondiale. Ce n’est pas le palmarès qui rend cette annonce historique, c’est le timing.

Pendant quinze ans, Messi a porté une sélection qui ne gagnait pas. Sifflé, comparé à Maradona, accusé de ne pas chanter l’hymne assez fort, il a vécu une relation compliquée avec son propre pays.

Le basculement de 2021 à 2022 a tout inversé. La Copa América puis la Coupe du monde ont transformé le joueur critiqué en icône intouchable. Partir maintenant, après une dernière finale perdue, boucle la boucle sans artifice.

Sur le plan sportif, l’Argentine est prête. Elle ne perd pas seulement son capitaine, elle libère un poste. Julián Álvarez, Lautaro Martínez, Enzo Fernández et toute la génération 2022 ont appris à gagner sans dépendre exclusivement de lui.

Le sélectionneur va devoir réinventer une animation offensive qui, même à 39 ans, restait construite autour de Messi. Huit buts et quatre passes en huit matchs à ce Mondial montrent qu’il restait décisif, pas décoratif.

Sur le plan humain, le décès de Jorge Messi change tout. Père, agent, conseiller et filtre médiatique depuis l’âge de 13 ans, il était le seul à pouvoir dire non à Lionel.

Sans lui, la bulle qui protégeait Messi depuis Rosario s’est fissurée. Son message Instagram le dit à demi-mot : le football professionnel sans son père n’a plus le même sens. Continuer à Miami jusqu’en 2028 devient alors une décision plus intime que sportive, loin de la pression de l’Albiceleste.

Reste une question : que devient l’Argentine sans Messi ? Pas moins forte, mais moins magnétique. Le maillot numéro 10 ne sera pas retiré, il sera trop lourd à porter.

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