WASHINGTON, 18 juillet (Le Parisien Matin) – L’armée américaine a annoncé samedi la mort de deux de ses militaires en Jordanie et la disparition d’un troisième à la suite d’une attaque iranienne. Cette offensive s’est produite vendredi après une septième nuit consécutive de frappes menées par Washington.
Le Commandement central des États-Unis a précisé que ces décès portaient à 16 le nombre de soldats américains tués depuis le début du conflit, tandis que plus de 420 autres ont été blessés. De son côté, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a publié sur le réseau social X :
« Bon vent, héros. Leur sacrifice ne fait que renforcer notre détermination. »
Seize soldats américains tués depuis février
Les forces armées américaines et iraniennes ont intensifié leurs attaques depuis la rupture, la semaine dernière, d’un accord de cessez-le-feu intérimaire signé un mois plus tôt. Les hostilités ont débuté à la fin du mois de février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur l’Iran pour neutraliser son programme de missiles et ses alliés régionaux.
En réponse aux bombardements américains sur ses infrastructures, Téhéran a ciblé samedi la Jordanie, le Koweït, Bahreïn ainsi que des partenaires des États-Unis dans le Golfe. Le dirigeant suprême Mojtaba Khamenei a déclaré par écrit que les violations américaines répétées de l’accord intérimaire ôtaient toute crédibilité à la signature du président Donald Trump.
Des bases américaines ciblées par Téhéran
En Jordanie, le Corps des gardiens de la révolution islamique a détruit au moins deux avions de chasse américains et trois autres appareils lors d’une attaque de missiles et de drones contre la base d’Al Azraq, selon la télévision d’État iranienne. Au Koweït, l’armée locale a intercepté des missiles balistiques et des drones, mais une frappe a touché un centre de soutien américain à Camp Arifjan et un radar à Ali Al Salem.
L’agence de presse étatique koweïtienne a ajouté qu’un site de la Kuwait Petroleum Corporation a subi d’importants dégâts, blessant des pompiers et des employés du secteur pétrolier. À Bahreïn, les forces iraniennes ont également visé un centre de données de renseignement et le site de Sheikh Isa où stationnaient des avions de combat américains.
Alertes de sécurité en Arabie saoudite
Le système d’alerte précoce de l’Arabie saoudite a appelé les habitants d’Al-Kharj, qui abrite des troupes américaines, et de Yanbu à se mettre à l’abri samedi matin. Deux sources informées ont indiqué qu’une attaque de missiles iraniens, la première sur le royaume depuis plus de trois mois, a déclenché ces alertes.
De son côté, l’administration médiatique du gouvernement saoudien n’a pas répondu aux demandes de commentaires et les médias d’État n’ont pas précisé l’origine de l’alerte. Le commandement militaire iranien n’a fait aucune mention d’une opération visant le territoire saoudien.
Cinquante morts dans les frappes américaines
Le Commandement central a affirmé avoir achevé sa septième journée consécutive de raids en frappant des sites de surveillance, des dépôts d’armes souterrains et des capacités maritimes en Iran. Dans la province méridionale de Hormozgan, les frappes matinales ont tué trois personnes, blessé huit autres et endommagé deux ponts ainsi qu’un tunnel routier, d’après les médias publics locaux.
Le ministère iranien de la Santé a déclaré que 50 personnes ont trouvé la mort et plus de 500 ont été blessées dans le pays lors des frappes américaines des trois dernières semaines. Le porte-parole des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a accusé Washington de vouloir s’emparer du détroit d’Hormuz, par où transite un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Hausse de quatre pour cent du prix du pétrole
Les deux pays ciblent désormais le trafic maritime commercial, les États-Unis imposant un blocus naval tandis que l’Iran affirme viser les navires violant ses règles de navigation. L’organisme de sécurité maritime britannique a signalé un incident impliquant un navire marchand et des forces militaires au large de l’Oman, sans fournir de détails supplémentaires.
Les cours du pétrole ont progressé de plus de 4 % vendredi pour atteindre leur plus haut niveau en un mois. Cette hausse accentue la pression politique sur Donald Trump, alors que le Parti républicain cherche à conserver le pouvoir lors des élections législatives de novembre.


