Aujourd’hui, Israël a lancé des frappes aériennes puissantes sur Damas. Les missiles ont visé l’entrée du ministère syrien de la Défense et une cible militaire proche du palais présidentiel.
Dans l’après-midi, des avions de chasse israéliens ont survolé la capitale à basse altitude avant de déverser leurs bombes. Des colonnes de fumée se sont élevées dans le ciel et une partie du ministère de la Défense s’effondrait sous l’impact, ce qui a laissé des gravats éparpillés sur le sol.
Israël veut protéger les Druzes de Syrie
Le ministre de la Défense, Israel Katz, dit que l’armée israélienne continuerait ses opérations à Sweida jusqu’au retrait total des forces ayant attaqué les Druzes.
Depuis plusieurs jours, des combats sanglants opposent des milices druzes aux forces gouvernementales syriennes et à des groupes armés bédouins, causant la mort de nombreuses personnes.
Les habitants de Sweida vivent terrés chez eux, paralysés par la peur. Un homme joint par téléphone décrivait la scène : « On est encerclés, on entend les combattants crier… on a très peur. On essaie de garder les enfants silencieux pour que personne ne nous entende. » Derrière lui, on percevait des rafales et des explosions.
Le Réseau syrien des droits de l’homme a estimé que 169 personnes ont perdu la vie dans ces violences. Des sources sécuritaires avancent un bilan de 300 morts. Ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.
Les Druzes, entre Israël et la Syrie
Les Druzes forment un groupe religieux issu de l’islam, présent en Syrie, au Liban et en Israël. Devant l’ampleur des affrontements, des dizaines de Druzes israéliens ont franchi la frontière mercredi pour rejoindre leurs proches du côté syrien. L’armée israélienne a confirmé travailler au retour en sécurité de ces civils et a demandé aux Druzes israéliens de ne plus traverser la frontière.
Faez Shkeir, un Druze d’Israël, a confié son désarroi. « Ma famille est là-bas. Ma femme, mes oncles… Je ne supporte pas de les voir tués. Ils les ont expulsés de leurs maisons, ils ont brûlé et pillé leurs biens. Mais je ne peux rien faire. »
Le président syrien sur un fil
Le président intérimaire Ahmed al-Sharaa, en poste depuis peu, doit composer avec des groupes qui craignent une dérive islamiste du pouvoir. La méfiance s’est encore renforcée après les massacres perpétrés en mars contre des membres de la minorité alaouite. Cette semaine, des troupes gouvernementales ont été envoyées à Sweida pour calmer les affrontements entre milices druzes et hommes armés bédouins. Mais la situation s’est retournée contre elles et elles se sont retrouvées elles-mêmes en conflit direct avec les Druzes.
Mercredi soir, le ministère syrien de l’Intérieur et le chef druze Sheikh Yousef Jarbou ont annoncé un cessez-le-feu. Pourtant, peu après, de nouveaux tirs ont éclaté. Des habitants rapportaient encore des combats dans les rues.
Les promesses de protection peinent à convaincre
Depuis son arrivée au pouvoir, Sharaa affirme vouloir protéger les minorités. Mais pour l’instant, ses déclarations restent sans effet concret sur le terrain. Mardi déjà, un journaliste présent à Sweida avait observé des militaires syriens piller et incendier des maisons, volant voitures et meubles. Un homme lui avait montré le corps de son frère, tué d’une balle dans la tête chez lui.
Israël a répété que le pays n’accepterait pas le déploiement de forces syriennes dans le sud du pays, car les nouvelles autorités sont des extrémistes à peine déguisés. Ce discours trouve un écho chez les Druzes d’Israël qui exhortent le gouvernement à intervenir.
Les États-Unis ne comprennent pas trop
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio décrit la situation comme « compliquée » et pense qu’il s’agissait probablement d’un « malentendu ». Il a exprimé son espoir d’un retour au calme dans les prochaines heures. Pendant ce temps, la Syrie a adressé une lettre au Conseil de sécurité des Nations unies pour réclamer une réaction face à ce qu’elle qualifie d’agression israélienne.
Des frappes pour détourner l’attention ?
Certains analystes avancent que Benjamin Netanyahu utilise ces interventions pour s’éloigner de ses ennuis judiciaires. Depuis le 7 octobre, il bénéficie d’une remontée de sa popularité grâce au climat d’unité nationale et il semblerait qu’il s’efforce de maintenir cet élan.
Après l’affaiblissement du Hamas et la fin rapide du conflit avec le Hezbollah, marqué par l’élimination de ses chefs grâce à un stratagème du Mossad, et l’échec d’une intervention américaine contre l’Iran durant la présidence Trump, la Syrie apparaît aujourd’hui comme un nouveau terrain d’action.
Les nouveaux dirigeants syriens, anciens combattants radicaux convertis en partenaires occidentaux, peinent à obtenir un soutien solide. Hormis la Turquie, qui critique systématiquement Israël, aucun allié de poids ne s’est manifesté.
Et maintenant ?
Pour l’instant, ces frappes ont permis à Netanyahu de retarder son procès et de conserver le pouvoir. Reste à savoir sur qui il choisira de concentrer l’attention la prochaine fois, car il finira bien par manquer de cibles.


