PARIS, 8 août (Le Parisien Matin) – Les conducteurs de trottinettes électriques privées et d’engins de déplacement personnel motorisés ont été obligés de porter un casque et un équipement réfléchissant depuis vendredi à Paris et en petite couronne, sous peine d’amende, après une forte hausse des décès et des blessures graves parmi les usagers vulnérables.
La mesure d’urgence a été décidée par la préfecture de police de Paris. Elle a visé tous les EDPM, dont l’usage a continué de progresser malgré la fin des trottinettes en libre-service votée en 2023.
Des amendes de 135 et 35 euros
Le dispositif a instauré deux sanctions applicables à toute heure sur la voie publique. L’absence de casque a été punie de 135 euros d’amende. Le défaut de gilet haute visibilité ou d’équipement rétro-réfléchissant a entraîné 35 euros d’amende.
Les contrôles ont été annoncés comme renforcés dès le premier week-end. La préfecture a justifié la règle par une hausse des accidents impliquant ces engins, dont « une proportion significative » a causé des blessures graves ou mortelles à la tête.
Les trottinettes en location ont quitté les rues parisiennes après la votation de 2023. Les modèles privés sont restés très présents.
L’obligation a concerné les trottinettes électriques, les Segway, les hoverboards et les monoroues. La limitation à 25 km/h, l’âge minimal de 14 ans, l’interdiction de transporter un passager et celle de porter des écouteurs en roulant sont restées en vigueur.
79 morts chez les usagers vulnérables en 2025
Les chiffres avancés par la police ont montré une dégradation en 2025. Les décès parmi les « usagers vulnérables de la route », soit piétons, cyclistes et utilisateurs d’engins non protégés comme les motos ou les trottinettes, ont bondi.
Quelque 79 personnes de cette catégorie ont été tuées à Paris en 2025, contre 45 l’année précédente. Les décès d’utilisateurs d’engins de déplacement motorisés ont progressé de manière particulièrement marquée.
Le nombre d’utilisateurs de trottinettes gravement blessés a atteint environ 1 100 en 2025, en hausse de 33 % sur un an. Une part importante a concerné des traumatismes crâniens. Un arrêté similaire est entré en vigueur le 1er août dans les Hauts-de-Seine.
Des traumatismes plus graves qu’à moto
Une étude britannique publiée cette semaine a confirmé la sévérité des accidents en trottinette. Elle a analysé 15 247 patients du registre national des traumatismes majeurs, soignés pour blessures modérées ou sévères entre 2020 et 2022 dans 18 centres en Angleterre et au Pays de Galles.
L’échantillon a compté 580 conducteurs de trottinettes, plus de 7 000 motocyclistes et 7 740 cyclistes. Parmi les conducteurs de trottinettes, 87,9 % avaient plus de 18 ans.
Les conducteurs gravement blessés en trottinette se sont révélés,
« 3,5 fois plus susceptibles que les motocyclistes dans la même situation d’avoir subi un traumatisme crânien »
A indiqué David Bodansky. Le chirurgien a aussi relevé un risque 1,5 fois plus élevé de lésions internes et 3,2 fois plus élevé de lésions artérielles ou veineuses.
Face aux cyclistes, le risque a été 1,7 fois supérieur pour les traumatismes crâniens, 1,4 fois pour les organes internes et 1,7 fois pour les vaisseaux.
D’autres capitales ont restreint les deux-roues électriques. Madrid a banni les trottinettes en location en 2024. Bruxelles a annoncé en juin qu’elle allait faire de même.
Paris, qui avait ouvert la voie en supprimant la location, a étendu la contrainte aux engins privés en imposant le casque et la visibilité.


