PARIS, 8 août (Le Parisien Matin) – La récolte de maïs en France s’est orientée vers une chute de 35% à neuf millions de tonnes, un niveau qui n’avait plus été observé depuis 1980 pour le plus gros producteur de céréales d’Europe, a annoncé le gouvernement vendredi.
Cette dégringolade a résulté de la combinaison de vagues de chaleur extrêmes, d’une sécheresse persistante et d’une réduction massive des surfaces cultivées.
Une prévision revue à la baisse
L’association de producteurs AGPM avait auparavant anticipé une récolte de 9,5 millions de tonnes, soit un recul de 30% sur un an, en raison d’une réduction des surfaces emblavées. Cette première estimation a été rapidement dépassée par les réalités climatiques de l’été.
Le ministère de l’Agriculture a publié de nouvelles prévisions par l’intermédiaire de son service statistique. Ces chiffres ont pris en compte les épisodes caniculaires qui ont frappé la culture à des stades critiques de son cycle de croissance.
Le ministère de l’Agriculture a estimé que « la surface cultivée reculera de 21% cette année ». Selon ses données, les rendements du maïs n’avaient pas décliné aussi fortement depuis 2003.
Des rendements pénalisés par la chaleur
Les rendements ont été estimés à 70,3 quintaux par hectare, en baisse de 19% sur un an. Le ministère a attribué ce recul aux « effets combinés des vagues de chaleur et de la sécheresse ».
Les températures élevées ont frappé le maïs lors de la pollinisation, une phase déterminante pour la formation des grains. Le manque d’eau a ensuite empêché les plantes de compenser ce stress thermique.
Des agriculteurs français ont tenté de s’adapter face à la répétition des canicules qui ont touché les cultures et le bétail. L’irrigation n’a pas suffi à maintenir le potentiel de production dans de nombreuses parcelles.
Des choix économiques contraints
Les producteurs ont également réduit les surfaces dédiées au maïs au profit de cultures jugées moins exigeantes comme le tournesol. D’autres ont choisi de laisser leurs terres en jachère face à la hausse des coûts de production.
La guerre au Moyen-Orient a fait grimper les coûts des engrais. Le ministère a relevé que les prix du maïs n’ont pas suivi cette tendance, car la production mondiale est restée relativement abondante.
Ce découplage a placé les exploitations françaises dans une impasse financière. Cultiver du maïs est devenu non rentable pour une partie des agriculteurs, qui ont préféré limiter les pertes.
Les céréales d’hiver mieux préservées
Les céréales à paille, principalement des cultures d’hiver, ont été
« moins affectées par la chaleur extrême, mais ont connu des précipitations hivernales excessives »
A déclaré le ministère de l’Agriculture.
Le ministère n’a que légèrement révisé sa prévision de récolte pour ces céréales, publiée à la mi-juillet, à 46,1 millions de tonnes, contre 46,3 millions annoncées en juillet. Cette stabilité a contrasté avec l’effondrement enregistré pour le maïs.


