LES GARENNES-SUR-LOIRE, 14 août (Le Parisien Matin) – 2 029 frelons asiatiques ont été piégés entre février et fin mai 2026 lors de la troisième campagne organisée par la Maison du parc. L’opération, menée avec 110 volontaires de la commune du Maine-et-Loire, a doublé ses résultats par rapport aux deux éditions précédentes pour contenir la prolifération de l’insecte.

La campagne s’est achevée à la fin du mois de mai 2026. Elle avait débuté en février par la distribution des pièges. Chaque participant a restitué son matériel à la Maison du parc avec une fiche de suivi hebdomadaire. L’agent communal responsable de l’opération a assuré le dépouillement et l’analyse des données.

Le nombre de volontaires a fortement progressé. La commune a comptabilisé 111 lieux de piégeage en 2026 contre 54 en 2024. Cette hausse a traduit un intérêt accru de la population pour la lutte contre le frelon asiatique.

Philippe Boidron a commenté cette dynamique.

« La population est très concernée par le sujet ».

A affirmé Philippe Boidron.

Il a ajouté qu’« Une dynamique s’est créée dans la commune et nous avons eu beaucoup plus de demandes de prêts de piège. Nous avons acheté un nouveau modèle, plus sélectif, pour y faire face. »

Le bilan chiffré a confirmé la progression. Le total est passé à 2 029 individus en 2026, contre 974 en 2024 et 919 en 2025.

Des pièges sélectifs mais moins efficaces

Pour faire face aux demandes, la Maison du parc a investi dans un nouveau modèle de piège présenté comme plus sélectif. L’objectif était de limiter les captures d’insectes non ciblés et de mieux préserver la biodiversité locale.

Le nouveau matériel a cependant montré une efficacité moindre sur le terrain. Philippe Boidron a relevé une faiblesse structurelle du dispositif.

« Ils n’ont qu’une seule entrée au lieu de deux pour les anciens. Nous devrons les modifier ».

A expliqué Philippe Boidron.

La campagne a révélé de fortes disparités entre les sites. Quinze lieux ont capturé plus de 50 frelons asiatiques, contre 5 en 2024 et 3 en 2025. À l’inverse, 39 pièges n’ont rien pris, contre 8 en 2024 et 24 en 2025.

L’emplacement désigné comme champion a enregistré 155 prélèvements. Ce record a été obtenu avec l’ajout de pièges personnels par l’habitant, ce qui a augmenté la pression de capture sur ce secteur précis.

Un piège à frelons asiatiques jaune et vert accroché à une branche d'arbre dans le parc des Garennes

Le parc des Garennes, un habitat favorable

Les captures se sont concentrées aux alentours du parc des Garennes. Le secteur a offert des conditions propices au développement des colonies, avec un habitat sécurisé, de la nourriture et de l’eau en abondance.

Philippe Boidron en a donné l’explication.

« Le frelon asiatique a besoin d’un habitat sécurisé, de nourriture et d’eau. Le parc des Garennes offre tout ça en abondance avec les prunelliers qui fleurissent dès le mois de mars, puis les genêts et les acacias en avril mai »

A indiqué Philippe Boidron.

La détection des nids y est restée difficile malgré la vigilance.

« De plus les nids formés par les frelons sont difficiles à repérer dans le parc. Mais nous avions repéré et détruit 8 nids en 2025 dans ce secteur ».

A précisé Philippe Boidron.

Au Ponts-de-Cé, le magasin spécialisé Essentiel Apiculture a évoqué une présence plus faible de frelons cette année. Le pic d’activité de l’insecte a été attendu en septembre et octobre, période critique pour les ruches.

Au niveau national, un Plan national de lutte a été lancé après un décret de fin 2025 rendant obligatoire la déclaration des nids. Les signalements ont été centralisés par l’Inventaire National du Patrimoine Naturel. En Vendée, des micro-balises ont été testées sur des frelons pour localiser les nids secondaires à la cime des arbres avant l’automne.

Un agent communal en veste verte examine des fiches de suivi posées sur une table à la Maison du parc

Une récolte de miel pour le Téléthon

Quatre ruches installées au cœur du parc ont produit 57 kilogrammes de miel au printemps. La récolte d’été, prévue en août, a été estimée à 40 kilogrammes environ par les apiculteurs.

Le comité consultatif du parc a décidé de réserver cette collecte 2026 au bénéfice du Téléthon. La vente a été prévue lors de la fête d’hiver organisée par le Groupe d’animations garennais, comité des fêtes de la commune.

Au-delà du chiffre, ce que révèle le doublement des captures

Le passage de 919 à 2 029 captures en un an ne raconte pas seulement une meilleure participation. Il raconte une pression biologique qui s’installe.

Aux Garennes-sur-Loire, le piégeage de printemps cible les reines fondatrices. Chaque reine interceptée en mars ou avril, c’est en théorie un nid secondaire de moins en août, à 20 mètres de haut, invisible, qui produira des milliers d’ouvrières prédatrices.

Le doublement des prises suggère donc que l’hivernage a été plus favorable, avec des hivers doux qui laissent survivre davantage de reines. C’est le même signal que celui observé à l’échelle nationale.

La commune a fait un choix intéressant : passer à un piège plus sélectif. Sur le papier, c’est une avancée écologique majeure pour éviter de piéger les pollinisateurs locaux.

Sur le terrain, le constat est plus nuancé. Une seule entrée au lieu de deux divise mécaniquement le taux d’entrée, et les chiffres le montrent avec 39 pièges vides.

C’est le dilemme classique de la lutte : sélectivité contre efficacité. Modifier les nouveaux pièges pour leur rendre une seconde entrée tout en conservant une grille d’exclusion pourrait être le compromis technique pour 2027.

Enfin, la concentration autour du parc des Garennes confirme ce que les apiculteurs savent depuis longtemps : le frelon asiatique n’est pas un insecte de dispersion aléatoire. Il cherche une trinité – gîte, couvert, eau – que les espaces verts périurbains offrent parfaitement.

Les coupelles sous les pots de fleurs, les récupérateurs d’eau ouverts, les floraisons précoces comme les prunelliers sont autant de micro-subventions à la fondation de colonies. La lutte ne se joue donc pas seulement avec des pièges, mais avec la gestion du paysage proche.

Le record de 155 prises chez un particulier équipé de pièges supplémentaires montre aussi l’effet de seuil : sans coordination communale, des efforts individuels intenses créent des points chauds mais ne réduisent pas la pression globale.

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