François Bayrou a ouvert la boîte de Pandore : Parler de la suppression de deux jours fériés nationaux a effrayé les habitants d’Alsace-Moselle mais maintenant, ils peuvent respirer depuis que le Premier ministre a confirmé qu’il n’était pas question de toucher à leurs deux jours de repos supplémentaires : le Vendredi saint et le 26 décembre.
Brigitte Klinkert, députée Renaissance, l’a affirmé sans détour au micro de BFM Alsace : « Le Premier ministre m’a donné toutes les assurances et m’a dit que je pouvais rassurer les Alsaciens. »
Dans ce territoire, ce sont donc treize jours fériés qui rythment l’année, contre onze ailleurs en France. Une particularité héritée de l’histoire qui fait bien des envieux.
Les jours fériés hérités de l’Histoire
Pourquoi l’Alsace-Moselle a-t-elle plus de jours chômés que le reste du pays ? La réponse se trouve au début du XXe siècle, lorsque ces départements étaient sous administration allemande. Des fêtes religieuses ont été conservées après leur retour à la France, et elles sont devenues une habitude dans la vie locale.
Ces jours supplémentaires sont perçus comme un élément d’identité régionale, au même titre que les traditions culinaires ou la culture bilingue.
Pas touche aux jours fériés!
Sur place, la nouvelle du maintien a été accueillie avec soulagement. Damien, employé de banque en Moselle, ne mâche pas ses mots : « De toute façon, ça n’aurait eu aucun effet. Il y a d’autres économies à faire ailleurs. Qu’on nous laisse tranquilles ! On se bat déjà pour ne pas perdre les deux autres comme tous les Français. »
L’opinion publique locale ne veut pas servir de variable d’ajustement budgétaire. Le fait que la région soit régulièrement citée dans des débats nationaux sur ses “privilèges” exaspère beaucoup d’habitants, qui se sentent pointés du doigt à chaque réforme.
Ceux qui ne sont pas de la région les envient : Brice, conducteur de train originaire de la Meuse, s’emporte : « Ils vont encore être épargnés, sous quel prétexte ? C’est du clientélisme ! En fait, ça ferait juste désordre d’avoir des manifestations devant le Parlement européen à Strasbourg… C’est tout le monde ou personne. »
Pourquoi certains Français auraient-ils droit à plus de repos que d’autres ? Les jours fériés sont donc variables selon les régions et les humeurs des dirigeants.
Car si l’Alsace-Moselle garde ses spécificités, le reste du pays n’est pas à l’abri. Le projet de budget 2026 évoque clairement la possibilité de supprimer deux jours fériés nationaux : le 8 mai et le 15 août. Si cette mesure était adoptée, la France passerait de onze à neuf jours fériés. Et l’Alsace-Moselle, de treize à onze.
Le calendrier pourrait serait remodelé, avec à la clé une économie estimée à 4,2 milliards d’euros par le gouvernement. François Bayrou espère conclure un accord avec les organisations sociales avant le 30 septembre. Mais la bataille s’annonce rude.


