L’été a toujours été difficile pour le sud de la France et l’Espagne mais depuis plus de deux semaines, cela s’empire. La vague de chaleur qui écrase le pays ne faiblit pas, et les forêts du nord-ouest comme de l’ouest s’embrasent les unes après les autres. Castille-et-León, Galice, Asturies, Estrémadure : partout les pompiers s’épuisent, épaulés désormais par l’armée, déployée en urgence pour tenter de contenir les flammes.
Dans la seule province de León, près de 38 000 hectares ont déjà disparu sous les cendres. En Galice, les autorités parlent d’environ 16 000 hectares ravagés.
Routes coupées, trains arrêtés, villages confinés
Une dizaine de routes nationales espagnoles sont désormais fermées, et la ligne ferroviaire entre Madrid et la Galice a dû être interrompue. Dans certaines zones rurales, les habitants ont reçu des alertes sur leurs téléphones leur demandant de rester enfermés chez eux ou, pour ceux qui n’avaient aucun refuge, de fuir au plus vite.
Dans le petit village de Castromil, non loin de la frontière portugaise, les 89 habitants ont dû abandonner leurs maisons en urgence. « Nous sommes partis avec juste un sac et nos papiers, en espérant avoir encore un toit quand nous reviendrons », raconte une habitante citée par la presse locale.
Des moyens humains et militaires mobilisés en masse
Le gouvernement espagnol a mobilisé la UME, l’Unité militaire d’urgence, qui compte près de 3 500 soldats spécialisés dans les catastrophes naturelles. Ces troupes viennent renforcer les brigades régionales de pompiers, déjà à bout de souffle.
Mais sur le terrain, les responsables régionaux réclament davantage. Le président de la Galice, Alfonso Fernández Mañueco, a appelé Madrid à envoyer plus d’hommes et plus de matériel. L’Estrémadure a également demandé des renforts ainsi que la réactivation du mécanisme de protection civile européen, qui permet d’obtenir une aide rapide d’autres pays membres.
La France a déjà répondu présente en envoyant trois appareils, dont deux Canadair, pour participer aux opérations de largage d’eau. Ls besoins restent immenses : les autorités locales parlent de centaines de camions de pompiers et d’une flotte élargie d’hélicoptères pour espérer reprendre l’avantage.
Des incendies qui ont coûté très cher aux Espagnols
Trois personnes ont déjà trouvé la mort depuis le début de l’été. Parmi elles, deux pompiers, âgés de 35 et 36 ans, qui se sont battus jusqu’au bout contre les flammes en Castille-et-León. Un autre homme, gravement brûlé près de Madrid, est décédé quelques heures après son hospitalisation. Sept personnes sont actuellement prises en charge, dont quatre dans un état critique.
Depuis janvier, plus de 157 000 hectares sont déjà partis en fumée en Espagne, selon le système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS). Cela fait de 2025 l’une des pires années depuis deux décennies, derrière 2022 et 2012. Le mois d’août, lui, est déjà classé comme le deuxième plus destructeur de l’histoire récente, avec plus de 115 000 hectares brûlés.
Les pompiers, qui enchaînent jour et nuit des interventions sans répit, redoutent que le pire soit encore à venir. Les prévisions météorologiques annoncent la poursuite de températures extrêmes au moins jusqu’à lundi. Une chaleur qui assèche tout, rend les forêts inflammables comme de la paille, et fait craindre que chaque étincelle puisse déclencher un nouveau foyer.
Une aide européenne attendue en urgence
Le gouvernement de Pedro Sánchez a officiellement demandé l’aide de ses partenaires européens. Les renforts français sont toujours sur place, mais l’Espagne espère obtenir aussi des moyens aériens et terrestres supplémentaires de la part d’autres pays de l’Union. « Une superficie immense a déjà brûlé, et nous devons éviter que cela ne s’aggrave encore », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.


