Le système politique français pourrait expliquer le chaos palpable suite aux élections législatives. Pour certains, les cours d’éducation civique sont loin derrière eux, toutefois Le Parisien Matin se fera une joie de vous rappeler comment la France opère son système politique. Au programme – Parlementarisme, présidents et une élite qui ne se renouvelle pas.
Un bref aperçu du système politique français
Le système politique français, régi par la Constitution de la Cinquième République instaurée en 1958, est une démocratie semi-présidentielle. Ce système unique combine des éléments de parlementarisme et de présidentialisme, conférant un équilibre entre le pouvoir exécutif et législatif.
Le Président de la République est le chef de l’État, élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. En tant que figure centrale du pouvoir exécutif, le président nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, et a la prérogative de dissoudre l’Assemblée nationale.
Le gouvernement est dirigé par le Premier ministre, nommé par le Président de la République. Le Premier ministre propose des ministres et secrétaires d’État, qui sont ensuite nommés par le président. Le gouvernement est responsable devant le Parlement et peut être contraint à la démission par un vote de censure.
L’Assemblée nationale compte 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Elle vote les lois et contrôle le gouvernement. Si une majorité de députés vote une motion de censure, le gouvernement doit démissionner.
Le Sénat, composé de 348 sénateurs élus au suffrage indirect pour un mandat de six ans, représente les collectivités territoriales. Il partage avec l’Assemblée nationale la fonction législative, mais l’Assemblée a le dernier mot en cas de désaccord.
Gérard Larcher, président du Sénat depuis 2014, joue un rôle crucial dans le contrôle des lois et des actions du gouvernement, illustrant l’importance de la chambre haute dans le système législatif.
Un système qui contribue au chaos politique actuel
La situation politique actuelle en France, après les élections législatives de 2024, est marquée par une instabilité et une incertitude profondes. Le président Emmanuel Macron, bien qu’il reste en fonction jusqu’en 2027, fait face à un parlement fragmenté où aucune majorité claire n’a émergé. Cette situation est largement perçue comme une crise institutionnelle.
La presse européenne exprime de vives préoccupations à propos de cette situation. Des termes comme “chaos” et “incertitude” reviennent fréquemment dans les commentaires de nos voisins, soulignant la difficulté de former un gouvernement stable. En Allemagne, le Handelsblatt met en évidence la complexité de la formation d’un gouvernement et la Frankfurter Allgemeine Zeitung anticipe des coalitions fragiles et potentiellement instables, dépendantes des extrêmes politiques. De son côté, le Süddeutsche Zeitung souligne que le “front républicain” a réussi à contenir l’extrême droite, mais constate l’isolement croissant de Macron.
En Espagne, El Pais parle du succès du “cordon sanitaire” mis en place pour barrer la route à l’extrême droite, tandis que le quotidien conservateur ABC souligne les nouveaux défis posés à Macron par la montée de la gauche. Au Royaume-Uni, la presse se montre particulièrement alarmiste, avec le Daily Mail parlant de “recette pour le désordre et le chaos”, et le Financial Times soulignant les répercussions potentielles de cette incertitude pour la France et l’Union européenne.
Cette instabilité politique en France, due à un système politique un peu complexe a des implications majeures pour l’Europe menace le moteur franco-allemand, un axe central pour l’initiative européenne. Des réformes cruciales, comme celles du Green Deal ou du Pacte Asile Immigration, pourraient être compromises. L’influence de Macron au niveau européen est également en déclin, ce qui complique la coopération au sein de l’UE.
Sylvain Maillard, ancien président du groupe macroniste, a annoncé sur France 2 que Gabriel Attal serait “probablement le seul candidat”. Les figures politiques Gérald Darmanin et Élisabeth Borne ont choisi de se retirer de la course pour devenir Premier Ministre, favorisant ainsi l’unité du groupe.
Aurore Bergé, ancienne présidente du groupe, a également validé la candidature d’Attal sur franceinfo, la jugeant “légitime” et rappelant son rôle central en tant que chef de la majorité.
Cette annonce intervient avant une réunion prévue le 12 juillet à l’Élysée avec Emmanuel Macron et les intéressés pour le poste. En soutenant Gabriel Attal, le camp présidentiel cherche à éviter des divisions internes, cruciales alors que la majorité macroniste, affaiblie par la dissolution, tente de se ressaisir.
L’élection du président du groupe Renaissance est programmée pour le 13 juillet, et se déroulera via un vote électronique, avec Attal comme seul candidat.
Dans un message aux élus du groupe, Gabriel Attal a confirmé sa candidature, insistant sur l’importance de la collégialité et affirmant qu’il siégerait à l’Assemblée après la validation de sa démission par le Président de la République. Il s’est engagé à protéger les Français de tout gouvernement incluant des ministres du Rassemblement national ou de La France insoumise.
Cette stratégie vise à renforcer la cohésion et la stabilité au sein du groupe Renaissance, tout en affirmant la position d’Attal comme leader potentiel pour naviguer les défis politiques à venir.
Le paysage politique français est de plus en plus fragmenté, avec des partis traditionnels affaiblis et de nouveaux mouvements émergent, souvent avec des visions radicalement différentes. Cette fragmentation complique la formation de majorités stables et cohérentes.
Les tensions internes au sein des partis, comme celles observées au sein du groupe Renaissance et même LFI, où chacun se bat pour devenir Premier Ministre, montrent à quel point il peut être difficile de maintenir l’unité. Les rivalités personnelles et les ambitions politiques exacerbent ces tensions, rendant la gouvernance plus compliquée.
Le système électoral français, avec son mode de scrutin majoritaire à deux tours, peut conduire à des situations où le gouvernement n’a pas une majorité solide à l’Assemblée nationale, comme c’est le cas actuellement. Cela oblige souvent à des compromis ou à des alliances temporaires, qui peuvent être instables.
La montée de partis extrémistes, comme le Rassemblement national et La France insoumise, met une pression supplémentaire sur le centre politique. Les gouvernements doivent naviguer entre des visions politiques polarisées, rendant les décisions consensuelles plus difficiles.
Les tentatives de réformes, qu’elles soient économiques, sociales ou institutionnelles, sont souvent contestées, retardées ou modifiées de manière significative avant d’être mises en œuvre. Cette résistance au changement crée une dynamique où peu de réformes aboutissent pleinement, alimentant la frustration et l’instabilité politique.