Kinshasa (Le Parisien Matin) octobre 16, 2026 – L’agence de santé publique de l’Union africaine et les autorités sanitaires de la République Démocratique du Congo ont appelé à une plus grande transparence concernant l’utilisation des fonds alloués à la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Selon les déclarations officielles publiées cette semaine, les informations financières fournies par les organisations humanitaires et de mise en œuvre laissent plus de 700 millions de dollars de contributions de donateurs sans traçabilité claire.

Le chef des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a déclaré lors d’une intervention à Kinshasa que les donateurs avaient indiqué avoir versé plus de 900 millions de dollars à différentes organisations chargées d’appliquer les mesures de réponse sanitaire. Cependant, l’analyse des flux financiers montre qu’environ 200 millions de dollars seulement ont pu être suivis de manière effective sur le terrain. Sur cette somme traçable, près de 100 millions de dollars demeuraient pour l’instant inutilisés.

Cette situation met en lumière des lacunes importantes dans le suivi des flux financiers destinés à endiguer l’épidémie d’Ebola qui sévit dans le pays. Face à ces manquements constatés dans les rapports financiers, Jean Kaseya a explicitement promis de demander des comptes à l’ensemble des partenaires et des organisations ayant perçu des financements pour cette crise sanitaire.

Réactions et Mesures des Autorités Congolaises

De son côté, le ministre de la Santé de la République Démocratique du Congo, Roger Samuel Kamba, a qualifié la gestion des ressources financières allouées à la riposte de non-transparence. Le ministre a averti que les organisations et les entités incapables de justifier l’utilisation des fonds reçus s’exposeraient à des sanctions administratives sévères, notamment le retrait de leur accréditation officielle.

En outre, des mesures de contrôle renforcées menées par les services de migration, tels que la Direction générale de migration (DGM), sont également envisagées à l’encontre des structures défaillantes. Les responsables officiels ont toutefois souligné que ces déclarations mettaient en évidence un problème critique de suivi et de traçabilité de l’aide financière, plutôt qu’un cas avéré et documenté de détournement de fonds à ce stade de l’enquête.

Contexte de la Crise Sanitaire et Financière

L’épidémie d’Ebola en cours en République Démocratique du Congo a exercé une pression considérable sur le système de santé national et sur la communauté internationale des donateurs. Les provinces orientales, et plus particulièrement celle de l’Ituri, ont été parmi les zones les plus touchées par la propagation du virus, enregistrant un nombre élevé de cas et de décès.

Plus tôt dans l’année, l’Africa CDC avait réévalué de manière drastique les besoins financiers nécessaires pour faire face à l’ampleur de l’urgence sanitaire, estimant les exigences budgétaires globales à environ 1,4 milliard de dollars, soit près de trois fois les estimations initiales. La complexité des opérations de terrain dans des régions affectées par des décennies de conflits et de défis logistiques a nécessité la mobilisation de ressources considérables de la part de multiples gouvernements et agences internationales.

Exigences de Responsabilité et Perspectives

L’appel conjoint lancé par l’Africa CDC et le ministère de la Santé congolais s’inscrit dans le cadre d’une volonté accrue de renforcer la redevabilité financière et la confiance des donateurs internationaux. Alors que les efforts de riposte se poursuivent pour circonscrire les foyers épidémiques, les institutions de santé publique insistent sur la nécessité pour chaque acteur impliqué de fournir des bilans comptables transparents et vérifiables.

Les autorités sanitaires nationales et continentales continuent de surveiller l’évolution de la situation administrative des agences partenaires tout en maintenant la coordination opérationnelle sur le terrain pour protéger les populations vulnérables et freiner la transmission du virus.

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