Dans une discussion animée entre spécialistes de la santé mentale et du comportement alimentaire, le Dr Curnew, MD, a tenu à rappeler une vérité simple mais percutante :
« Regarder trop la télévision est un facteur de risque de mortalité, car vous devriez être dehors à prendre soin de vous, pas devant un écran. »
Ce constat, au-delà de la sédentarité, ouvre une réflexion plus large sur les comportements alimentaires modernes, notamment l’alimentation émotionnelle et le trouble d’hyperphagie boulimique (binge eating disorder)
L’alimentation émotionnelle : un comportement, pas un trouble
Comme l’explique le Dr Curnew, l’alimentation émotionnelle n’est pas un trouble alimentaire à proprement parler, mais un comportement. Elle consiste à manger en réponse à des émotions, souvent négatives comme le stress, la peur, la colère ou l’ennui plutôt qu’à une faim physiologique.
Une enquête menée aux États-Unis montre que 38 % des adultes ont admis avoir mangé sous l’effet d’émotions au cours du mois écoulé, et près de la moitié le font chaque semaine.
Mais l’alimentation émotionnelle peut aussi découler d’émotions positives. Comme le disent certains: « Quand je regarde certaines vidéos de mukbang, je me surprends à avoir envie de manger moi aussi, parce que les plats ont l’air délicieux. »
Ce comportement ponctuel n’est pas pathologique, mais lorsqu’il devient fréquent, il peut annoncer un trouble plus profond.
L’hyperphagie boulimique où manger devient une prison
À l’inverse, l’hyperphagie boulimique est reconnue comme un trouble du comportement alimentaire (TCA) dans le DSM-5, le manuel de référence en psychiatrie.
Les personnes touchées consomment une grande quantité de nourriture en peu de temps, souvent sans faim, jusqu’à ressentir un inconfort physique marqué. Ces épisodes sont suivis de culpabilité, honte ou dépression.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la prévalence mondiale de ce trouble atteint 1,9 % de la population, touchant davantage les femmes que les hommes.
Près de 79 % des patients présentent également un autre trouble psychiatrique (anxiété, dépression, etc.), et près de la moitié cumulent trois comorbidités ou plus.
Le Dr Curnew résume la différence ainsi :
« L’alimentation émotionnelle peut être contrôlée ; dans l’hyperphagie boulimique, le contrôle est perdu. »
Comprendre les mécanismes psychologiques et biologiques
Les études citées lors de la conférence mettent en lumière les liens entre régulation émotionnelle et comportements alimentaires.
Une revue de l’Université de Cambridge a montré que les personnes souffrant de dépression ou d’anxiété sont beaucoup plus susceptibles de manger pour apaiser leurs émotions.
Chez les femmes, c’est la thérapie cognitive qui les sort de ce cauchemar.


