PARIS, 8 juillet (Le Parisien Matin) – La France traverse actuellement une épreuve climatique inédite avec une troisième vague de chaleur majeure en moins de deux mois. Depuis Paris, Météo-France a placé 61 départements en vigilance orange, alors que le mercure s’approche dangereusement de la barre des 40°C sur une grande partie du territoire.
Cet épisode succède à une période de juin particulièrement intense, qualifiée de vague de chaleur la plus importante jamais enregistrée dans le pays. La répétition de ces phénomènes météorologiques extrêmes fragilise durablement les infrastructures et la population.
Le début de l’été a été précocement marqué par une première montée des températures en mai, suivie d’un épisode exceptionnel de dix jours fin juin. Ce dernier a provoqué une moyenne nationale sur 24 heures dépassant les 30°C pour la première fois de l’histoire.
Les records de température ont été pulvérisés lors de cet épisode de juin. La commune de Pissos, dans le Sud-Ouest, a enregistré une valeur historique de 44,3°C, tandis que la capitale a atteint un sommet de 40,9°C. Ces conditions extrêmes ont engendré un bilan humain lourd, l’Agence nationale de santé publique confirmant 2 025 décès excédentaires durant ce pic, touchant majoritairement les personnes de plus de 45 ans.
Le réseau électrique français subit les contrecoups de cette chaleur persistante. Les centrales nucléaires ont dû réduire leur production de 7 % en raison de contraintes sur l’accès à l’eau de refroidissement. Parallèlement, des coupures de courant ont privé des milliers de foyers d’électricité.
La gestion des établissements scolaires est également devenue complexe. « C’est insupportable », témoignent de nombreux citoyens face à des conditions de vie dégradées, alors que seulement 7 % des salles de classe disposent d’un système de climatisation, forçant les autorités à ajuster les horaires ou à fermer les écoles.
Le dôme de chaleur provenant d’Afrique du Nord maintient des températures nocturnes ne descendant pas sous les 20°C. Cette situation, couplée à un manque chronique de précipitations, a transformé le sud de l’Europe en une zone à haut risque.
Près de 7 000 incendies ont été recensés depuis le début de l’été, ravageant environ 8 700 hectares. Dans les Pyrénées-Orientales, près de Perpignan, plus de 600 pompiers sont mobilisés pour lutter contre des brasiers massifs ayant nécessité l’évacuation de 10 500 personnes. Enfin, la recherche de fraîcheur dans des zones non surveillées a causé au moins 48 décès par noyade.


