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Home»L'Union Européenne»L’UE dévoile de nouveaux plans pour réduire sa dépendance aux technologies américaines et chinoises
L'Union Européenne

L’UE dévoile de nouveaux plans pour réduire sa dépendance aux technologies américaines et chinoises

Daniele PepePar Daniele Pepemardi, 09 juinAucun commentaire3 Min Temps de lecture
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Souveraineté technologique UE
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BRUXELLES, 9 juin (Le Parisien Matin) – La Commission européenne vient d’officialiser le lancement d’un vaste ensemble de mesures visant à renforcer sa souveraineté technologique. Ce nouveau plan stratégique a pour objectif prioritaire de réduire la dépendance de l’Union vis-à-vis des fournisseurs étrangers, en ciblant particulièrement les géants américains et chinois qui dominent actuellement le marché du numérique en Europe.

Cette initiative, baptisée « Tech Sovereignty Package », répond à des préoccupations croissantes concernant la fragilité des chaînes d’approvisionnement européennes. Les autorités bruxelloises constatent que la dépendance aux vendeurs étrangers pour les semi-conducteurs, les infrastructures cloud et les logiciels essentiels expose l’économie européenne à des risques majeurs de sécurité et de continuité de service.

Trois piliers pour l’autonomie numérique

Le dispositif repose sur trois initiatives complémentaires. La première, le Chips Act 2.0, fait suite à une première législation jugée insuffisante pour stimuler réellement la production locale face à la suprématie des fournisseurs américains. Ce nouveau schéma prévoit d’étendre les capacités de recherche et développement dans le domaine des semi-conducteurs, de faciliter l’accès aux investissements privés et de soutenir activement la mise en place de lignes de production pilotes sur le territoire européen.

La deuxième initiative est le Cloud and AI Development Act (CADA). Ce texte s’attaque directement au manque de ressources de calcul européennes et à la dépendance aux hyperscalers non-européens pour les services cloud. L’ambition affichée est d’améliorer la disponibilité des infrastructures d’intelligence artificielle tout en encourageant les investissements massifs dans les fournisseurs de cloud nationaux et régionaux.

Enfin, l’Union européenne met en avant une stratégie pour les logiciels libres (Open Source Software Strategy). Les institutions européennes sont encouragées à accroître l’utilisation et la promotion de solutions open source afin de s’affranchir des contraintes liées aux licences propriétaires souvent contrôlées par des entités hors Europe.

Les défis d’une mise en œuvre complexe

L’ensemble de ces mesures vise à bâtir une capacité technologique plus solide, à attirer de nouveaux capitaux et à stimuler la création d’emplois qualifiés dans le secteur numérique au sein des États membres. Cependant, le projet suscite déjà des débats au sein même de l’écosystème technologique européen.

Le CISPE, organisme représentant près de cinquante entreprises européennes de cloud, a émis des réserves sur la portée réelle de ces annonces. Selon cette organisation, certains points mériteraient des définitions plus précises et une application plus stricte pour éviter que des entreprises non-européennes ne parviennent à contourner les nouvelles règles de souveraineté. L’inquiétude porte notamment sur les critères d’éligibilité aux marchés publics qui pourraient laisser la porte ouverte aux prestataires dominants actuels.

L’organisation a d’ailleurs souligné la nécessité d’une action plus directe en déclarant :

« L’acte ne demande même pas aux acheteurs de regarder les alternatives européennes. »

Le succès de ce plan dépendra désormais de la capacité de la Commission à fermer les failles réglementaires et à convaincre les États membres de privilégier des solutions locales, malgré l’omniprésence des services américains et chinois dans les infrastructures existantes. Le processus législatif devra prochainement franchir les étapes du Parlement européen et du Conseil pour entrer pleinement en vigueur.

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