GENÈVE, 14 juin (Le Parisien Matin) – La tension est montée d’un cran ce dimanche à Genève. Ce qui devait être une manifestation pacifique contre le sommet du G7, prévu du 15 au 17 juin à Évian-les-Bains, a basculé dans la violence.
Près de 20 000 personnes s’étaient rassemblées pour dénoncer les politiques économiques et les inégalités mondiales. Cependant, des groupes radicaux ont rapidement pris pour cible des symboles du capitalisme, menant à des affrontements directs avec les forces de l’ordre.
Le calme initial de la marche a été rompu lorsque des manifestants ont commencé à s’en prendre aux infrastructures urbaines. Dans une scène de chaos, une voiture de marque Tesla a été incendiée par des individus masqués. Parallèlement, les vitres d’une agence des Nations Unies ainsi que celles d’une banque ont été brisées à coups de pierres et d’objets divers. La police genevoise a dû faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser les groupes les plus virulents qui arrachaient des pavés du sol pour les lancer sur les agents déployés en nombre dans les rues.
Le G7 sous haute tension diplomatique
La tenue du sommet à Évian-les-Bains, ville située juste de l’autre côté de la frontière franco-suisse, explique cet afflux de contestataires dans la cité calviniste. Les leaders des puissances mondiales, notamment de la France, des États-Unis, du Royaume-Uni et du Japon, doivent se réunir pour aborder des sujets brûlants tels que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. La perspective de ces discussions a cristallisé la colère des militants venus exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une concentration excessive de pouvoir économique et politique.
« Pour moi, c’est une réunion de riches qui montre une fois de plus comment les riches peuvent devenir encore plus riches tandis que les pauvres sont laissés pour compte », a déclaré Pippa Saugy, une manifestante présente sur place.
Un dispositif de sécurité sans précédent
Anticipant ces débordements, les autorités locales avaient pris des mesures drastiques dès la veille. De nombreux commerces du centre-ville avaient protégé leurs vitrines avec des panneaux de bois. Le périmètre frontalier entre la Suisse et la France a également fait l’objet d’un verrouillage strict, avec la fermeture de la majeure partie des points de passage routiers afin d’éviter tout débordement vers le lieu même du sommet.
Si la grande majorité des participants à la marche souhaitait faire entendre ses revendications de manière pacifique, l’infiltration de militants radicaux a suffi à transformer le centre-ville en zone d’affrontements. Les autorités suisses maintiennent un niveau d’alerte élevé pour les prochaines heures, alors que le ballet diplomatique des dirigeants mondiaux s’apprête à débuter sur les rives du lac Léman, sous haute surveillance policière.


