BRATISLAVA, 17 juin (Le Parisien Matin) – Le gouvernement slovaque est contraint de se soumettre à un vote de confiance ce jeudi 18 juin 2026. Cette échéance politique majeure fait suite à une décision de la Cour constitutionnelle, imposée après que le niveau de la dette publique du pays a franchi les seuils de sécurité inscrits dans les règles budgétaires nationales.
Une dette dépassant le seuil constitutionnel
La législation slovaque en matière de responsabilité budgétaire, instaurée en 2012, impose des garde-fous stricts sur l’endettement. Lorsque la dette excède 60 % du produit intérieur brut (PIB), le gouvernement est légalement tenu de solliciter un vote de confiance devant le Parlement. Les dernières statistiques indiquent que ce ratio a atteint 61,39 %, contre 59,70 % précédemment.
Cette situation est aggravée par une procédure de déficit excessif lancée par l’Union européenne, le pays peinant à maintenir son écart budgétaire sous le plafond de 3 % du PIB. Malgré une légère amélioration, le déficit se situait à 4,45 % pour l’année 2025.
La décision de la Cour constitutionnelle
Le Premier ministre Robert Fico a confirmé qu’il respecterait l’avis des magistrats, bien qu’il ait initialement souhaité reporter ce vote à une session parlementaire ultérieure consacrée au budget. La Cour a cependant tranché en ordonnant une convocation immédiate, rejetant les arguments de l’exécutif sur la flexibilité du calendrier.
La requête initiale émanait d’une coalition d’élus de l’opposition. Ces derniers estimaient que le gouvernement aurait dû organiser cette consultation dès novembre 2025, moment où l’exemption de deux ans accordée lors de la prise de fonctions de l’équipe ministérielle actuelle a expiré.
Quel avenir pour la coalition en place ?
Sur le plan arithmétique, la position de Robert Fico semble solide. Sa coalition gouvernementale dispose actuellement de 78 sièges sur les 150 que compte le Conseil national slovaque. Cette majorité, bien qu’étroite, devrait théoriquement permettre au Premier ministre de remporter le scrutin.
À propos de cette échéance, le Premier ministre a déclaré :
« Je respecte la décision de la cour, même si j’estime que le vote aurait pu intervenir plus tard, lors des discussions sur le prochain budget ».
Si le gouvernement survit probablement à cette épreuve, cet épisode souligne les difficultés structurelles auxquelles la Slovaquie fait face. Le pays traverse une période de turbulences marquées par des mesures d’austérité impopulaires et des tensions persistantes avec les institutions européennes concernant l’utilisation des fonds communautaires et le respect de l’État de droit.


