BRUXELLES, 17 juin (Le Parisien Matin) – Des militants de la flottille mondiale Sumud ont manifesté mercredi dans la capitale belge pour dénoncer le maintien des relations diplomatiques et économiques entre l’Union européenne et Israël.
Ce rassemblement s’est tenu aux abords du Conseil européen, à la veille d’un sommet crucial des chefs d’État et de gouvernement de l’UE.
La mobilisation intervient après l’interception violente d’un convoi d’aide humanitaire composé de 50 navires par les forces israéliennes dans les eaux internationales. Les participants ont réclamé une rupture totale des liens avec Tel-Aviv, accusant le bloc européen d’être complice de la situation dans la bande de Gaza.
Les manifestants ont réalisé une action silencieuse derrière une immense bannière proclamant « Nous ne nous agenouillerons pas face à l’occupation ». Certains militants ont également mis en scène leur propre détention pour illustrer les traitements subis lors de leur arrestation. Parmi les personnalités présentes figuraient la militante écologiste Greta Thunberg et Chloe Fiona Ludden, ancienne collaboratrice de l’ONU.
Plusieurs activistes, récemment libérés, ont témoigné des violences physiques et des menaces endurées sous la garde des autorités israéliennes. Mariam Hadjal, infirmière française ayant participé au convoi, a évoqué des abus physiques et des agressions sexuelles durant sa captivité. D’autres militants, comme le marin belge Arno Meyns, souffrent de blessures graves, notamment des fractures aux côtes.
« Nous demandons à l’Union européenne de cesser immédiatement toute complicité et de rompre ses accords commerciaux avec un gouvernement qui bafoue les droits humains fondamentaux », a déclaré un porte-parole des organisateurs sur place.
Ce mouvement de protestation souligne les tensions persistantes entre plusieurs capitales européennes et Tel-Aviv. La diffusion, en mai dernier, d’images montrant des militants menottés et forcés de s’agenouiller avait suscité une vive condamnation de la Commission européenne. À l’approche du sommet, des pays comme l’Espagne, la France et l’Irlande plaident pour des sanctions ciblées contre certains ministres israéliens. Toutefois, une telle décision exige l’unanimité des 27 États membres, un consensus qui reste difficile à obtenir.


