MOSCOU, 27 juillet (Le Parisien Matin) – À Luxembourg, où siège la Cour de justice de l’Union européenne, Tatiana Navka a décidé de contre-attaquer. L’épouse de Dmitri Peskov, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, a déposé un recours pour faire annuler les sanctions européennes qui la visent depuis le début de la guerre en Ukraine.
L’information, révélée par le site officiel EUR-Lex de l’UE, marque une nouvelle tentative d’un proche du Kremlin pour sortir de la liste noire européenne.
Qui est Tatiana Navka ?
Tatiana Navka, 51 ans, n’est pas une inconnue en Russie. Ancienne championne olympique de danse sur glace, sacrée à Turin, elle est devenue une personnalité médiatique après sa carrière sportive. Née en Ukraine soviétique, elle possède aujourd’hui la nationalité russe. Son mariage avec Dmitri Peskov, l’une des voix les plus connues du Kremlin, l’a placée au cœur du pouvoir russe.
Des sanctions prises dès juin pour soutien au Kremlin
L’ancienne patineuse a été inscrite en juin 2022 sur la liste des personnalités sanctionnées par l’Union européenne. Bruxelles justifiait alors ces mesures par des
« actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine ».
Concrètement, elle fait l’objet d’une interdiction de voyager dans l’UE et d’un gel de ses avoirs financiers.
Sur la même liste figuraient également deux enfants de Dmitri Peskov, sa fille Elizaveta et son fils Nikolaï.
Les arguments juridiques pour faire annuler les mesures
Selon le document juridique publié sur EUR-Lex, Tatiana Navka estime que l’Union européenne n’a pas correctement motivé les restrictions à son encontre. Elle invoque des erreurs de droit et d’appréciation des faits. Surtout, elle considère que le Conseil de l’UE n’a pas apporté la preuve d’un lien suffisant entre sa personne et les objectifs poursuivis par les sanctions.
C’est l’argumentaire classique utilisé par de nombreux proches du pouvoir russe pour contester leur inscription sur les listes européennes.
Deux millions d’euros réclamés pour préjudice
Au-delà de l’annulation pure et simple des sanctions, Tatiana Navka ne compte pas s’arrêter là. Elle réclame au Conseil de l’Union européenne des dommages et intérêts. Elle demande réparation pour un préjudice matériel et pour l’atteinte à sa réputation et son préjudice moral. Le montant total s’élève à un peu plus de 2 millions d’euros, soit environ 2,3 millions de dollars.
Une autre épouse de proche de Poutine dans la même bataille
L’affaire Navka n’est pas isolée. D’après une autre base de données officielle de l’UE, Yekaterina Ignatova, l’épouse de Sergueï Chemezov, le patron du géant étatique de la défense et de l’industrie Rostec, a engagé la même procédure devant la Cour de justice pour contester les sanctions européennes qui la frappent.


